Le village de Ndingler, situé dans la région de Thiès, amorce une phase de transition agricole décisive. Après des années de conflits fonciers, l'État sénégalais, en collaboration avec le Génie militaire, a entamé les opérations techniques pour réhabiliter 80 hectares de terres au profit de 39 familles locales.
Une reconversion après l'apaisement foncier
Le projet fait suite à la renonciation volontaire, en janvier 2026, de l'homme d'affaires Babacar Ngom sur le titre foncier qu'il détenait. Cette restitution à l'État, effectuée sans contrepartie, a permis de débloquer une situation longtemps tendue. Le ministère de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage (Masae) coordonne désormais la remise en culture effective du site, transformant cet espace autrefois disputé en un levier de production économique pour les populations riveraines.
L'expertise du Génie militaire pour la remise en état
Une mission technique conjointe, incluant des experts de l'Institut national de pédologie et de l'Ancar, a procédé à une évaluation précise du terrain. Le Génie militaire, sous la direction du colonel Biaye, est mobilisé pour définir les besoins en travaux lourds, incluant le dessouchage, le nivellement et l'ameublissement des sols. Avant le déploiement des engins, une phase de sécurisation administrative et physique est impérative : la délimitation cadastrale rigoureuse du périmètre vise à prévenir tout risque de litige futur et à garantir une répartition équitable des parcelles entre les 39 familles bénéficiaires.
Vers une viabilité économique durable
La réussite de ce projet repose sur des investissements structurels dépassant le simple labour. Pour assurer une production régulière et s'affranchir de la dépendance exclusive à l'hivernage, l'accès à l'eau est identifié comme une priorité absolue. Des études hydrogéologiques sont prévues pour envisager la réalisation de forages et d'un réseau de distribution. Si les cultures pluviales comme le mil, l'arachide, le maïs et le niébé serviront de base à la relance, le projet ambitionne, à terme, d'intégrer le maraîchage et l'élevage pour diversifier les revenus des producteurs.
Une démarche concertée avec les communautés
Le porte-parole du chef de village, Babacar Dionne, a exprimé un accueil favorable à cette intervention de terrain. Cette approche collaborative, associant les services de l'État aux besoins exprimés par les habitants, constitue un point de vigilance majeur pour la pérennité du projet. La capacité des autorités à répondre aux contraintes techniques identifiées déterminera, dans les prochains mois, la viabilité réelle de cette exploitation agricole communautaire.