Une affaire d'agression brutale contre une femme de plus de 90 ans à Navrongo, dans la région du Haut-Ghana oriental, met en exergue la persistance des violences liées aux accusations de sorcellerie. Ce cas, qui implique un neveu s'en prenant à sa tante, soulève des inquiétudes majeures quant à la sécurité des personnes vulnérables et à l'efficacité des réponses judiciaires face à ces pratiques.
Une agression motivée par des croyances locales
Les faits se sont déroulés au domicile de la victime, Atima Alugu, une nonagénaire vivant seule à Biu, un quartier de Navrongo. Son neveu, Apana Awasiaku, âgé de 45 ans, l'a accusée d'être responsable de décès survenus au sein de la communauté. Sous couvert d'une injonction divine, l'agresseur a fait irruption chez elle pour lui infliger des violences physiques, utilisant notamment une ardoise en bois pour la frapper. Malgré l'intervention d'un voisin, la victime a subi des sévices prolongés avant de réussir à s'enfuir.
Le sentiment d'impunité face à la justice
Bien que l'affaire ait été portée devant les tribunaux, la famille de la victime dénonce une gestion défaillante de la part des autorités. Selon les proches, une décision judiciaire aurait imposé à l'agresseur le choix entre le paiement d'une compensation de 2 000 GH¢ ou une peine d'emprisonnement. À ce jour, le montant n'aurait pas été versé et l'agresseur continue de circuler librement dans la communauté, faisant craindre de nouvelles représailles. La famille pointe du doigt une possible complaisance des forces de l'ordre dans le traitement de ce dossier.
La vulnérabilité des aînés face aux accusations infondées
Face à la persistance de la menace, Atima Alugu a dû quitter son domicile pour être placée sous la protection de ses petits-enfants. Cet incident illustre la fragilité des personnes âgées dans certaines zones rurales, où des accusations de sorcellerie servent encore de prétexte à des violences physiques graves. La famille, insatisfaite des suites judiciaires, réclame désormais une intervention plus rigoureuse pour garantir la sécurité de la victime et assurer qu'une enquête approfondie soit menée sur les circonstances réelles de cette agression.