La ville de Mongo, chef-lieu de la province du Guéra, fait face à une inflation soudaine et préoccupante des prix des denrées de base. En seulement sept jours, le coût du sac de mil béré-béré a triplé, passant d'une fourchette de 6 500 à 7 500 FCFA à un pic compris entre 20 000 et 24 000 FCFA.
Une hausse déconnectée des circuits d'importation
Cette augmentation brutale suscite une vive incompréhension au sein de la population locale. Contrairement à d'autres produits de consommation courante, le mil commercialisé à Mongo provient majoritairement des zones de production situées dans les environs immédiats de la ville. Les consommateurs soulignent ainsi l'absence de dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs, tels que le Soudan, la Libye, le Nigeria ou la République centrafricaine, qui auraient pu justifier une telle volatilité des prix par des ruptures de chaînes d'approvisionnement internationales.
La thèse de la rareté climatique
Face à l'inquiétude grandissante des ménages, les commerçants avancent l'argument d'une production locale insuffisante. Selon ces derniers, la rareté des précipitations enregistrée cette année aurait directement impacté les récoltes, provoquant une tension immédiate sur l'offre disponible sur les marchés. Cette explication, bien que mise en avant par les vendeurs, reste au cœur des préoccupations des citoyens qui voient leur pouvoir d'achat se dégrader rapidement.
L'intervention des autorités commerciales
Le délégué du commerce de Mongo, Hassan Moussa Sossal, a officiellement réagi à cette situation en appelant les acteurs économiques à la retenue. Une série de descentes sur les marchés de la ville a été annoncée par les services compétents. L'objectif de ces opérations est double : identifier les causes réelles de cette flambée tarifaire et auditer les pratiques commerciales en vigueur pour s'assurer qu'aucune spéculation illicite ne vient aggraver la situation. Dans l'attente des conclusions de ces contrôles, les habitants pressent les autorités de mettre en œuvre des mesures correctives pour stabiliser le prix de cette denrée de première nécessité.