À Mbuji-Mayi, la saturation des trottoirs par des activités commerciales informelles transforme les artères principales en zones de danger pour les piétons. Cette situation, qui contraint les usagers à circuler sur la chaussée au milieu d'un trafic dense, soulève un défi complexe entre nécessité de survie économique et impératifs de sécurité publique.
Une occupation généralisée des espaces publics
Des points névralgiques comme le rond-point Kimberlite, le boulevard Mzee Laurent-Désiré Kabila et l'axe menant au marché Tukunyema sont aujourd'hui saturés. Vendeurs de carburant, étals de fruits et pièces de rechange ont colonisé les trottoirs, rendant le passage des piétons impossible. Cette appropriation de l'espace public, bien que visible, n'est pas le fruit d'un choix délibéré de confort, mais le reflet d'une précarité économique profonde où les marchands, faute d'infrastructures dédiées, s'installent là où le flux de clients est le plus important.
La précarité comme moteur de l'informel
Pour les commerçants, l'occupation des trottoirs est une stratégie de survie. Les témoignages recueillis sur le terrain soulignent l'absence d'alternatives viables pour mener des activités économiques. Cette réalité sociale place les autorités face à un dilemme : réprimer une activité qui permet à de nombreuses familles de se prendre en charge, ou tolérer une situation qui expose quotidiennement les citoyens à des accidents de la route, dans un environnement où la vitesse des véhicules et des motos rend la cohabitation sur la chaussée extrêmement périlleuse.
L'urgence d'une régulation concertée
Face à ce constat, les acteurs de la sécurité routière haussent le ton. La Commission nationale de prévention routière (CNPR) rappelle que cette occupation contrevient aux dispositions du nouveau Code de la route, qualifiant les piétons d'usagers les plus vulnérables. De son côté, la Police de circulation routière a émis des avertissements fermes, sommant les vendeurs de libérer les trottoirs sous peine de sanctions. Toutefois, les experts soulignent qu'une simple mesure policière ne suffira pas à résoudre le problème : une action concertée entre les autorités urbaines, la police et les services d'aménagement est nécessaire pour réorganiser les espaces marchands et garantir la sécurité de tous les usagers de la voirie.