La ville de Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï Oriental, traverse une crise alimentaire marquée par une hausse brutale du prix du maïs. La mesurette de 3,5 kilos se négocie désormais entre 5 000 et 5 500 francs congolais, une augmentation significative par rapport aux 3 100 FC pratiqués précédemment, plongeant de nombreux foyers dans une précarité accrue.
Des goulots d'étranglement logistiques
Lors d'une concertation avec le gouverneur de province, les commerçants ont mis en lumière les causes structurelles de cette inflation. Le retard dans l'acheminement des wagons par la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) vers Mwene-Ditu constitue le principal frein. Les opérateurs économiques rapportent des délais d'attente pouvant atteindre cinq mois pour le transport des cargaisons depuis Kabongo, ce qui désorganise totalement les circuits d'approvisionnement et favorise la spéculation sur les marchés locaux.
L'échec des mécanismes de régulation
Face à cette situation, le Service national maintient un prix officiel de 50 000 FC pour le sac de 16 mesurettes. Toutefois, ce tarif administré reste largement théorique pour la population. La demande excède largement l'offre disponible dans les dépôts officiels, où les habitants font face à des ruptures de stock quasi permanentes. Cette pénurie contraint les ménages à se tourner vers le marché informel, où les prix sont dictés par la rareté immédiate du produit.
Vers une stratégie de réserves provinciales
La persistance de cette crise soulève des enjeux de sécurité alimentaire majeurs pour la région. La conjonction entre la période de semis, qui limite les récoltes disponibles, et les défaillances logistiques crée une pression insoutenable sur le pouvoir d'achat des familles. Pour pallier ces chocs récurrents, des acteurs locaux préconisent désormais la mise en place d'une politique provinciale de réserves alimentaires. Cette mesure viserait à constituer des stocks stratégiques capables de stabiliser les cours et de garantir une disponibilité constante de la denrée, indépendamment des aléas de transport ferroviaire.