À Mbour, Aminata Boye structure l'accompagnement des familles face aux drames de la migration irrégulière

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 36 lectures
À Mbour, Aminata Boye structure l'accompagnement des familles face aux drames de la migration irrégulière

Dans le quartier Tefees de Mbour, épicentre des départs clandestins sur la côte sénégalaise, Aminata Boye s'est imposée comme une figure centrale du soutien aux familles endeuillées. À travers le Collectif des victimes de l’émigration irrégulière au Sénégal (COVES), elle coordonne une réponse sociale et humaine face à une crise migratoire qui frappe, selon les estimations locales, près d'un foyer sur trois dans cette zone.

Une réponse structurée face à l'urgence sociale

Fondé en 2020, le COVES accompagne aujourd'hui plus d'une centaine de femmes ayant perdu un proche en mer. L'association ne se limite pas à un soutien psychologique : elle déploie des actions concrètes pour pallier la précarité économique des familles privées de leurs soutiens financiers. Des collectes de denrées alimentaires, des aides pour la rentrée scolaire et des ateliers de couture sont organisés pour offrir des revenus de subsistance aux mères et épouses de disparus.

Un réseau d'acteurs mobilisé pour la recherche

Le travail d'Aminata Boye s'inscrit dans une dynamique de collaboration internationale. La responsable du collectif collabore étroitement avec des institutions telles que le Comité international de la Croix-Rouge, la Délégation diocésaine des migrations et le réseau Alarm Phone. Ce maillage permet de centraliser les recherches, de recueillir les témoignages et de tenter d'identifier les victimes, une mission devenue vitale pour les familles qui remettent désormais les photographies de leurs proches disparus à l'association dans l'espoir d'obtenir des réponses.

Le défi de la réinsertion et des politiques publiques

Au-delà de l'assistance aux victimes, la question des causes structurelles des départs reste au cœur des préoccupations. Des initiatives locales, comme la création prochaine du Centre d’Accompagnement pour la Réinsertion et l’Insertion des Migrants Africains (CARIMA) à Fass Boye, visent à proposer des alternatives concrètes aux jeunes. Aminata Boye, forte de son expérience de terrain, appelle l'État sénégalais à intensifier les programmes de sensibilisation et à créer des opportunités économiques locales. Elle pointe également du doigt les politiques migratoires européennes, notamment les restrictions de visas, qu'elle identifie comme des facteurs aggravants poussant les jeunes à emprunter des voies maritimes périlleuses.

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