Les ambulanciers du district sanitaire de Matam ont organisé une collecte de sang pour pallier les pénuries récurrentes dans les structures de soins locales. Cette mobilisation citoyenne met toutefois en lumière la précarité du personnel de santé, dont la grande majorité exerce sans contrat de travail formel.
Une mobilisation pour renforcer les réserves sanguines
L'Association des ambulanciers de Matam a récemment orchestré une journée de don de sang afin de soutenir les établissements hospitaliers de la région. Cette initiative s'inscrit dans un contexte de forte demande en produits sanguins, illustrée par les performances de collecte dans la zone, notamment à Ourossogui où les records de dons témoignent d'une conscience collective accrue. Le médecin-chef du district, Modou Fadou Diouf, ainsi que la surveillante générale du Centre régional de transfusion sanguine, Seynabou Ndiendé Yade, ont apporté leur soutien à cette opération, soulignant l'importance stratégique de ces réserves pour la prise en charge des patients.
La précarité contractuelle au cœur des revendications
Au-delà de l'acte solidaire, cette journée a servi de tribune pour dénoncer les conditions de travail des ambulanciers. Kalidou Demba Sall, porte-parole des membres de l'association, a révélé une situation alarmante : sur une trentaine d'ambulanciers opérant dans le district, seuls deux bénéficient d'un contrat de travail. Face à cette réalité, l'association a officiellement interpellé le ministère de la Santé et les autorités étatiques pour exiger une régularisation contractuelle de l'ensemble du personnel, condition sine qua non d'une reconnaissance professionnelle durable.
Un maillon indispensable du système de santé
Le rôle des ambulanciers dépasse largement la logistique de transport. Seynabou Ndiendé Yade a rappelé que ces agents constituent un maillon essentiel du système de santé, intervenant quotidiennement dans des conditions souvent difficiles, notamment sur des infrastructures routières dégradées. Leur engagement, tant dans l'évacuation des patients que dans les actions de santé publique comme la collecte de sang, souligne l'urgence d'une meilleure intégration institutionnelle. La pérennité de ces services de secours dépend désormais de la capacité des autorités à répondre aux besoins de sécurité sociale et de reconnaissance de ces travailleurs de première ligne.