Les retraités et les veuves des anciens agents de l'Office national des transports (ONATRA) à Matadi ont multiplié les actions de protestation pour exiger le versement de leurs droits financiers. Cette crise sociale, marquée par des arriérés dépassant les cent mois, met en péril la survie économique de centaines de familles après des décennies de service au sein de l'entreprise publique.
Une précarité extrême après une vie de labeur
La situation des anciens travailleurs de l'ONATRA est devenue critique. Nombre d'entre eux, retraités depuis plusieurs années, se retrouvent sans aucune ressource pour subvenir à leurs besoins élémentaires. Les manifestants dénoncent une gestion qui les prive de leurs décomptes finaux et de leurs rentes, certains impayés remontant à plus d'une décennie. Ce blocage financier a des conséquences humaines dramatiques : les représentants des retraités font état de plus de trois cents décès parmi leurs rangs, survenus, selon eux, faute de moyens pour accéder aux soins de santé et à une assistance minimale.
Le silence de la direction face aux revendications
Face à l'absence de réponse de la direction de l'ONATRA, les retraités et les ayants droit, notamment les veuves, expriment un sentiment d'abandon. Le témoignage de Marie Masevo, veuve d'un agent ayant servi l'entreprise depuis 1984, illustre cette détresse : malgré une carrière complète, les familles se heurtent à une fin de non-recevoir concernant le paiement des droits acquis. Les manifestants déplorent que l'entreprise continue de faire la sourde oreille, alors même que la précarité des anciens agents s'aggrave de jour en jour.
Le rôle contesté de la Caisse nationale de sécurité sociale
Au cœur de cette crise, la question des cotisations sociales est également pointée du doigt. Les retraités dénoncent une rupture de prise en charge par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Malgré les prélèvements effectués tout au long de leur carrière active, les bénéficiaires estiment ne pas recevoir le soutien attendu de la part de l'organisme de prévoyance. Face à cette impasse, les syndicalistes appellent désormais les autorités provinciales et nationales à intervenir en urgence pour garantir le rétablissement des droits de ces anciens travailleurs et de leurs familles.