À Madagascar, l'inflation contraint les familles à des arbitrages drastiques pour financer la rentrée scolaire

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
À Madagascar, l'inflation contraint les familles à des arbitrages drastiques pour financer la rentrée scolaire

À l'approche de la rentrée scolaire fixée au 4 septembre, de nombreux foyers malgaches font face à une pression financière insoutenable. Entre hausse des prix et revenus stagnants, l'accès à l'éducation devient un défi qui fragilise la sécurité alimentaire et le patrimoine des ménages les plus précaires.

Le poids de l'inflation sur le budget des ménages

Avec un taux d'inflation estimé à 9 % en juin dernier par le ministère de l'Économie et des Finances, le coût de la vie à Madagascar pèse lourdement sur les capacités des parents à assumer les frais d'inscription et l'achat de fournitures. Pour réunir les sommes nécessaires, souvent chiffrées en dizaines de milliers d'ariary, des familles sont contraintes de réduire drastiquement leur consommation quotidienne. Le renoncement à une alimentation suffisante, comme la diminution des rations de riz, illustre l'ampleur des sacrifices consentis pour maintenir les enfants dans le système éducatif.

L'épargne communautaire comme levier de survie

Face à l'impossibilité d'épargner individuellement dans un contexte de précarité, des mécanismes de solidarité informels se sont structurés. Le système de l'akandray permet à des groupes d'une dizaine de ménages de mutualiser leurs ressources. En versant une contribution quotidienne dans une caisse commune, les familles bénéficient à tour de rôle d'une somme plus conséquente chaque dimanche. Cette épargne forcée constitue une stratégie de résilience essentielle pour faire face aux échéances scolaires ponctuelles.

La vente d'actifs pour financer l'instruction

Pour pallier le manque de liquidités, une part croissante de la population se tourne vers la vente de biens personnels. Des objets du quotidien — vêtements, ustensiles de cuisine, mobilier ou chaussures — sont cédés à des revendeurs de rue pour quelques milliers d'ariary. Ce marché de l'occasion reflète une décapitalisation des foyers les plus pauvres, qui sacrifient leur confort matériel immédiat dans l'espoir de garantir une scolarité à leurs enfants.

Un décrochage scolaire structurel

Ces difficultés financières s'inscrivent dans un contexte éducatif déjà préoccupant. Selon une enquête de l'Unicef menée en 2025, près d'un enfant sur deux à Madagascar abandonne le cursus scolaire avant la fin du cycle primaire. Cette déscolarisation précoce, souvent dictée par l'incapacité des parents à supporter les coûts directs de l'école, souligne l'urgence d'une réflexion sur la gratuité effective et le soutien aux familles les plus vulnérables pour briser le cycle de la pauvreté.

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