Une fronde citoyenne portée par la jeunesse malgache secoue l'Assemblée nationale, actuellement réunie en session extraordinaire. Des collectifs de la « Gen Z » et des organisations étudiantes exigent la dissolution de l'institution, qu'ils jugent incapable d'exercer son rôle de contre-pouvoir face à l'exécutif.
Une défiance croissante envers les élus
Le mouvement de contestation, qui appelle à une dissolution avant le 25 septembre, s'appuie sur un constat de rupture entre les députés et la population. Les manifestants dénoncent une institution « chroniquement inutile », systématiquement alignée sur les intérêts du pouvoir en place. Cette colère est exacerbée par l'instabilité politique chronique : après les législatives de mai 2024, la composition de la chambre a été marquée par des revirements d'allégeance spectaculaires, notamment le passage d'une partie des députés de la coalition Irmar vers le régime de transition actuel.
L'échec des recours juridiques
La contestation ne se limite pas à la rue. Le parti politique Kintana a tenté de porter le débat sur le terrain juridique en saisissant la Haute Cour constitutionnelle (HCC) pour obtenir la dissolution de l'Assemblée. Toutefois, cette requête a été jugée irrecevable le 26 août dernier, laissant peu d'options légales aux opposants. La décision finale appartient exclusivement au chef de l'État, Michaël Randrianirina, seul habilité à dissoudre la chambre basse.
Tensions entre le législatif et l'exécutif
Face à la pression, le président de l'Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, tente de légitimer l'action parlementaire en mettant en avant des travaux de contrôle sur la gestion des deniers publics et sur la situation de la Jirama, la compagnie nationale d'eau et d'électricité. Cette défense intervient dans un climat de rivalité politique croissante entre le président de l'Assemblée et le chef de l'État, à l'approche de l'élection présidentielle prévue fin 2027.
Pour les observateurs, la survie politique de Siteny Randrianasoloniaiko dépend étroitement de son réseau de députés, rendant l'hypothèse d'une dissolution particulièrement sensible. Le maintien de cette session extraordinaire, malgré les critiques, souligne la fragilité des équilibres institutionnels actuels à Madagascar.