Lors de l'Assemblée générale des Nations Unies, les monarchies du Golfe ont exposé des stratégies diplomatiques nuancées face aux instabilités régionales. Si la question palestinienne demeure un socle commun, les priorités sécuritaires et les méthodes de médiation révèlent des approches divergentes entre les États membres du Conseil de coopération du Golfe.
Le Qatar et l'Arabie saoudite face au conflit israélo-palestinien
Le Qatar continue de miser sur la médiation comme levier d'influence. L'émir Tamim ben Hamad Al Thani a plaidé pour un cadre de sécurité régional incluant l'Iran, tout en qualifiant la situation à Gaza de « génocide », une accusation fermement rejetée par Israël. De son côté, l'Arabie saoudite privilégie une approche structurelle en insistant sur la création d'un État palestinien. Le ministre des Affaires étrangères, Faisal ben Farhan, a promu l'idée d'une administration palestinienne unifiée pour Gaza et la Cisjordanie, conditionnant la stabilité régionale à une résolution politique durable.
La stratégie de maintien des canaux diplomatiques des Émirats
Les Émirats arabes unis maintiennent une ligne singulière en préservant les relations diplomatiques nouées avec Israël en 2020 via les accords d'Abraham. Cette posture n'exclut pas un soutien aux initiatives internationales pour les Palestiniens, tout en mettant l'accent sur la préservation de la liberté de navigation et la continuité des flux commerciaux et énergétiques, piliers de leur politique étrangère.
Sécurité et dialogue face à l'Iran
La perception de la menace iranienne varie également au sein du bloc. Le Koweït a exprimé des inquiétudes marquées, le prince héritier Sabah Khaled Al-Hamad Al-Sabah dénonçant des attaques par drones et missiles contre ses infrastructures civiles et énergétiques. Malgré ces tensions, le Koweït, tout comme Oman, continue de prôner le dialogue diplomatique. Oman, fidèle à sa tradition de médiateur, a réitéré lors de l'Assemblée générale son attachement aux discussions multilatérales pour apaiser les crises régionales.
Une convergence sur la question palestinienne
Malgré ces disparités, une unité d'action subsiste sur certains dossiers. Le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont cosigné une déclaration commune exigeant le respect des engagements internationaux concernant Gaza et réaffirmant leur soutien à la création d'un État palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale. Ce consensus souligne que, malgré des priorités nationales divergentes, les monarchies du Golfe cherchent à maintenir une voix coordonnée sur les enjeux fondamentaux du Proche-Orient.