Lors de la déclaration de politique générale, la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu, Aïssata Tall Sall, a livré un réquisitoire axé sur la trajectoire politique et économique du Premier ministre Al Aminou Lo. En revisitant le parcours du chef du gouvernement, de ses fonctions à la Banque centrale à son accession à la Primature, elle a cherché à mettre en lumière des contradictions supposées dans sa gestion des finances publiques.
Le poids des déclarations sur la dette publique
Au cœur de l'intervention figure la gestion de la dette sénégalaise, un sujet sur lequel le Premier ministre s'était exprimé avec force en septembre 2024. Me Aïssata Tall Sall a rappelé les propos d'Al Aminou Lo évoquant un passif de 7 milliards de dollars, une déclaration qu'elle qualifie de « boulet » entravant aujourd'hui sa crédibilité. Pour la députée, ce chiffre, avancé dans un contexte de recherche de financements massifs pour le Plan de développement, continue de peser sur la lecture que les citoyens et les partenaires ont de la situation financière du pays.
Défis de financement et Agenda national
La parlementaire a également interrogé la capacité du gouvernement à mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre de l'Agenda national de transformation. Elle a pointé du doigt un besoin de financement estimé à 6 400 milliards de francs CFA, soulignant que, selon ses informations, seules des ressources limitées à 760 milliards seraient disponibles pour l'exercice 2026. Cette mise en perspective des chiffres vise à interpeller l'exécutif sur la faisabilité réelle de ses engagements économiques face aux réalités budgétaires.
La question de la méthode et de la continuité
Au-delà des indicateurs financiers, Aïssata Tall Sall a ciblé la méthode de gouvernance d'Al Aminou Lo. Alors que le Premier ministre affirme partager le projet politique du Pastef tout en revendiquant une approche différente, la députée estime que cette distinction n'est pas démontrée. En rappelant les diverses fonctions occupées par le chef du gouvernement ces dernières années, elle a posé une interrogation directe sur sa constance : « De tous ces Al Aminou que nous avons connus, lequel est devant nous aujourd'hui ? ». Pour l'opposition, la réponse à cette question constitue désormais le socle de la confiance qu'elle accordera aux futures orientations du gouvernement.