À l'approche des échéances électorales de 2027, le paysage politique de l'État d'Edo, au Nigeria, est marqué par une montée des tensions. John Yakubu, candidat du Nigerian Democratic Congress (NDC) au Sénat, a publiquement dénoncé des pratiques d'intimidation visant les formations d'opposition, accusant les autorités locales et le parti au pouvoir, l'All Progressives Congress (APC), d'entraver le libre exercice démocratique.
Entrave à la visibilité et aux activités politiques
Selon John Yakubu, la stratégie d'intimidation se manifeste par la destruction ciblée de supports publicitaires. Le candidat rapporte que des panneaux d'affichage appartenant à l'opposition sont régulièrement retirés par des agents municipaux, tandis que ceux du parti au pouvoir demeurent intacts. Au-delà de cette guerre de l'affichage, les partis d'opposition peinent à obtenir l'autorisation d'utiliser des espaces publics pour leurs réunions politiques, une situation que le candidat qualifie d'antidémocratique.
Une impasse institutionnelle et sécuritaire
Face à ces obstacles, le NDC a multiplié les recours, notamment auprès de la police de l'État d'Edo. John Yakubu affirme que ces plaintes sont restées sans suite, accusant les forces de l'ordre de partialité en faveur de l'APC. Une requête a été transmise à l'Inspecteur général de la police nationale, dans l'attente d'une intervention. Le candidat appelle également le gouverneur de l'État, Monday Okpebholo, à garantir un environnement politique apaisé, rappelant que ce dernier a lui-même accédé au pouvoir en tant qu'opposant.
Dénégations et climat national sous tension
De son côté, l'APC rejette fermement ces accusations. Jonh Mayaki, directeur de la communication de la campagne de l'APC dans l'État, a qualifié ces allégations d'illogiques, arguant que la destruction de panneaux ne constitue pas une stratégie électorale efficace. Le parti dément également toute incitation à la violence, réinterprétant les propos controversés de son président local sur l'usage d'armes comme une métaphore spirituelle.
Ces tensions à Edo s'inscrivent dans un contexte national préoccupant. La Commission nationale des droits de l'homme (NHRC) a récemment alerté sur la multiplication des discours incendiaires et des menaces proférées par des acteurs politiques à travers le pays. À mesure que le scrutin de 2027 approche, ces incidents soulèvent des interrogations majeures sur la capacité des institutions à garantir l'équité du processus électoral et la liberté d'expression des différentes forces politiques nigérianes.