À l'approche de 2027, les Nigérians rejettent l'instrumentalisation religieuse et la corruption politique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 35 lectures
À l'approche de 2027, les Nigérians rejettent l'instrumentalisation religieuse et la corruption politique

À l'approche de l'élection présidentielle de 2027 au Nigeria, le débat public est marqué par une tentative persistante de la classe politique et de certains leaders religieux d'instrumentaliser les clivages confessionnels. Face à ces manœuvres, une partie croissante de la société civile et des observateurs exige un retour aux enjeux de gouvernance et de probité.

Le retour des rhétoriques confessionnelles

Le débat sur la composition religieuse des tickets présidentiels, déjà vif en 2023, refait surface. L'opposant Atiku Abubakar a récemment réactivé cette controverse en critiquant les candidatures fondées sur une appartenance religieuse unique, arguant que cela nuit à la cohésion nationale. En parallèle, des figures religieuses comme Sani Jingir et Ezekiel Dachomo alimentent une polarisation accrue, présentant le scrutin comme un test de supériorité démographique entre musulmans et chrétiens. Ces discours, jugés dangereux par les analystes, tendent à occulter les défis structurels du pays au profit d'une logique de confrontation identitaire.

La corruption au cœur des stratégies de campagne

L'intégrité des acteurs politiques est également au centre des tensions. La nomination de l'ancien gouverneur Abdulaziz Yari à la tête du conseil de campagne présidentiel du parti au pouvoir (APC) a suscité une vive indignation. M. Yari, qui a fait l'objet de saisies judiciaires et d'enquêtes pour des détournements de fonds présumés, est soutenu par certains clercs ayant reçu des dons financiers. Cette pratique, qualifiée de « cadeau » par ses défenseurs, est dénoncée par d'autres leaders religieux comme une tentative de blanchiment moral et une insulte aux citoyens subissant les difficultés économiques actuelles.

L'appel à une gouvernance axée sur les résultats

Face à ces dérives, des voix académiques, à l'instar du professeur Ibrahim Siraj de l'Université de Bayero, appellent à une rupture avec la politique de l'identité. Selon lui, l'obsession pour le poids démographique des religions détourne l'attention des électeurs des questions essentielles : la gestion des ressources publiques, la lutte contre l'insécurité et la création d'un environnement économique favorable à tous. L'enjeu pour le Nigeria en 2027 semble donc être celui d'une transition vers une exigence de redevabilité, où la compétence et l'éthique des candidats priment sur les calculs confessionnels ou les distributions de fonds publics.

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