Vingt-cinq étudiants du Yaba College of Technology (Yabatech) ont participé à un atelier immersif dédié à la santé mentale, utilisant l'expression artistique comme vecteur de dialogue. Organisée par le musée Yemisi Shyllon et l'initiative Art for Health, cette démarche vise à décloisonner les enjeux de bien-être émotionnel en les sortant du cadre purement clinique.
Une approche créative du bien-être
L'atelier, intitulé « What We Carry: Stories of Mental Health and Resilience », a permis aux étudiants d'explorer des thématiques complexes telles que la pression sociale, le deuil, les attentes familiales et l'incertitude. Encadrés par des experts en santé publique, des psychiatres et des médiateurs culturels, les participants ont appris à traduire des vécus intimes en symboles et récits visuels. Cette méthode cherche à rendre les informations de santé plus accessibles et culturellement pertinentes, en s'appuyant sur l'émotion plutôt que sur les seules statistiques.
L'art comme outil de santé publique
Pour les organisateurs, l'objectif est de démontrer que les artistes peuvent jouer un rôle actif dans la communication sur la santé. En offrant un espace de réflexion, le programme encourage les jeunes créateurs à utiliser leur voix pour susciter des moments de guérison et de partage au sein de la société. Cette initiative s'inscrit dans une volonté de rendre la communication sur la santé plus participative, en valorisant les expériences vécues comme une forme d'expertise essentielle pour influencer les politiques publiques.
Un enjeu de société majeur au Nigeria
Cette réflexion intervient dans un contexte nigérian où les troubles mentaux représentent un défi de santé publique significatif. Des études récentes soulignent une prévalence préoccupante des idées suicidaires, particulièrement chez les jeunes et les adolescents. En alignement avec les thématiques de la Journée mondiale de la santé mentale, qui prône une implication accrue des personnes concernées dans la prise de décision, ce projet cherche à donner une visibilité aux voix réelles pour favoriser un changement systémique.
Vers une exposition publique
Le travail entamé lors de ces deux jours de formation ne s'arrête pas à la théorie. Les étudiants sont actuellement en phase de conception d'œuvres originales basées sur les échanges tenus durant l'atelier. Ces créations feront l'objet d'une micro-exposition à Lagos prévue pour le mois de novembre, offrant ainsi au grand public une opportunité de s'approprier ces récits de résilience à travers le regard de la nouvelle génération d'artistes.