La commune de Labgar, située dans le département de Linguère, est le théâtre d'une vive contestation portée par la jeunesse locale. Les habitants s'opposent fermement à un projet de morcellement du terrain de l'ASCL, un espace qu'ils considèrent comme un patrimoine historique et collectif, dont l'usage remonte à une reconnaissance officielle datant de 1988.
Un conflit autour de la gestion foncière municipale
Au cœur de la discorde se trouve une décision attribuée au maire, Idrissa Diop, visant à découper le site pour l'attribuer à des tiers. Les jeunes manifestants dénoncent une manœuvre destinée à favoriser des « dignitaires » au détriment des activités sportives et sociales de la commune. Si six bénéficiaires potentiels avaient été initialement identifiés, quatre auraient renoncé à leur projet face à la pression populaire. Une seule personne, une dame, maintient ses intentions, ayant déjà acheminé des matériaux de construction sur le site, ce qui a exacerbé la colère des résidents.
Des zones d'ombre sur la légalité de la procédure
La contestation ne se limite pas à l'aspect symbolique du terrain ; elle porte également sur la régularité administrative de la délibération municipale. Les jeunes soulignent que l'ancien sous-préfet, Aliou Ba, aurait refusé à plusieurs reprises de valider cette décision. Plus grave encore, des conseillers municipaux dont les noms apparaissent sur la liste de présence de la séance de délibération affirment n'avoir jamais pris part à une telle réunion. Ces incohérences alimentent les soupçons de fraude et de manipulation administrative au sein de la mairie.
La détermination des jeunes pour la préservation du site
Face à ce qu'ils qualifient d'atteinte à un bien public, les jeunes de Labgar exigent une intervention des autorités compétentes pour auditer la procédure et faire toute la lumière sur cette affaire. Ils réaffirment leur volonté de maintenir une mobilisation constante pour empêcher toute occupation physique du terrain. Pour cette jeunesse, l'enjeu dépasse le simple cadre sportif : il s'agit de défendre l'intégrité d'un espace communautaire face à des décisions qu'ils jugent opaques et contraires à l'intérêt général de la commune.