À la COP17, les peuples autochtones dénoncent la marchandisation du vivant et les dérives des crédits biodiversité

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 5 lectures
À la COP17, les peuples autochtones dénoncent la marchandisation du vivant et les dérives des crédits biodiversité

En marge de la 17e Conférence des parties sur la diversité biologique (COP17) à Erevan, une coalition de peuples autochtones et d'organisations de la société civile a appelé les Nations unies à mettre fin à la monétisation de la nature. Ces acteurs dénoncent l'intégration d'espèces emblématiques et sacrées dans des mécanismes de compensation carbone, y voyant une stratégie de « greenwashing » permettant aux industries extractives de poursuivre leurs activités polluantes sous couvert de responsabilité environnementale.

La remise en cause des mécanismes de compensation

Le cœur de la contestation porte sur l'utilisation d'animaux tels que les buffles, les jaguars, les orangs-outans et les baleines comme actifs financiers dans des schémas de compensation. Pour les représentants autochtones, cette approche réduit le vivant à une simple valeur marchande, niant sa dimension sacrée et son rôle écologique intrinsèque. Ils alertent sur le fait que ces crédits, loin de protéger la biodiversité, pourraient accélérer l'extinction des espèces en offrant une légitimité artificielle aux entreprises minières et pétrolières.

Des cas emblématiques de dérives industrielles

Plusieurs exemples concrets illustrent cette tension. En Indonésie, des projets de compensation liés à la mine d'or de Martabe sont critiqués pour leur impact sur l'orang-outan de Tapanuli, une espèce en danger critique d'extinction. En Équateur, l'utilisation des habitats du jaguar pour générer des crédits carbone est perçue comme une manœuvre visant à occulter les dégâts de l'exploitation pétrolière. Même dans le pays hôte, l'Arménie, l'approbation de la mine d'or d'Amulsar, incluant des mesures de compensation pour le léopard du Caucase et l'ours brun, a suscité une vive opposition locale.

L'impasse des négociations sur le financement

Ces critiques interviennent alors que les délégués à la COP17 peinent à s'accorder sur la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, qui vise à stopper l'érosion de la nature d'ici 2030. Les discussions achoppent notamment sur les mécanismes de financement international, la suppression des subventions néfastes à l'environnement et la reconnaissance des droits des communautés locales. Alors que les ministres tentent de finaliser les textes, la question de l'alignement entre les engagements climatiques et la protection réelle des écosystèmes reste un point de blocage majeur, soulignant la fracture entre une approche purement financière de la conservation et une vision fondée sur la préservation des droits territoriaux et culturels.

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