Depuis l'entrée en fonction de Richard Ofori Agyemang Boadi, dit « King Zuba », à la tête de la municipalité de Kumasi en avril 2025, la gestion de la métropole ghanéenne connaît une inflexion marquée par une volonté de rétablir l'ordre. Cette approche, qui privilégie la régulation de l'espace public et la rigueur administrative, cherche à rompre avec des décennies d'anarchie urbaine où l'occupation illégale des trottoirs et des zones publiques était devenue la norme.
Libération des espaces publics et régulation commerciale
L'administration municipale a multiplié les interventions dans des zones stratégiques telles que le quartier des affaires, Asafo, Alabar et les abords du stade Baba Yara. Ces opérations visent à démanteler les structures non autorisées qui obstruaient les voies de circulation et les trottoirs. Parallèlement, la ville a introduit des structures commerciales préfabriquées standardisées et s'attaque aux panneaux publicitaires illégaux ou délabrés, cherchant à mettre fin à une forme d'urbanisme informel où chaque acteur s'appropriait l'espace public sans concertation.
Assainissement et sécurité : des enjeux structurels
La gestion des déchets et la salubrité publique font l'objet d'une attention accrue. En 2026, la mairie a réactivé les brigades communautaires d'assainissement, les « Nsamansaman », et a intensifié les poursuites judiciaires contre les contrevenants. Ces efforts s'accompagnent de travaux de curage des drains dans les zones inondables, comme le corridor de drainage de la WAEC. Sur le plan sécuritaire, l'installation de 240 lampadaires solaires et la réparation de l'éclairage conventionnel visent à réduire les zones d'ombre propices à la délinquance, en complément d'une collaboration renforcée avec les forces de l'ordre.
Les limites de l'action municipale
Si cette reprise en main est notable, elle n'est pas exempte de défis. Le maire a dû ajuster sa communication après des critiques sur ses méthodes initiales, réaffirmant que l'application de la loi doit suivre des processus légaux. Par ailleurs, la persistance de problèmes structurels, tels que la gestion des déchets et la congestion routière, rappelle que l'action municipale ne peut suffire sans une participation citoyenne active. Le succès durable de cette politique dépendra de la capacité de la municipalité à maintenir ces standards dans la durée, alors que la tentation d'un retour à l'occupation informelle reste une réalité quotidienne pour les autorités locales.