À Kombissiri, des citoyens mobilisent couture et solidarité pour les appelés à l’immersion patriotique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 24 lectures
À Kombissiri, des citoyens mobilisent couture et solidarité pour les appelés à l’immersion patriotique

Deux habitants de Kombissiri ont transformé une initiative locale en acte de solidarité nationale en installant une machine à coudre sur le site de l’immersion patriotique obligatoire (IPO) pour réparer les tenues et sacs des appelés. Une démarche saluée par les autorités et qui met en lumière l’adhésion des citoyens à un programme controversé mais central dans la politique de cohésion sociale du pays.

Une machine à coudre au cœur du dispositif

Adja Mariam Ouédraogo/Nebié, présidente de l’association Song-taaba et responsable d’un centre de formation en couture, a installé une machine à coudre directement sur le site de l’IPO à Kombissiri. Son objectif : éviter aux appelés de se déplacer en ville pour des réparations souvent urgentes, et ainsi fluidifier le déroulement des activités sur place. Mouni Guigma, couturier formateur, a complété cette initiative en détachant quotidiennement un de ses apprentis, Salifou Compaoré, pour assurer les réparations tout au long de la journée.

Un engagement né d’un constat pratique

Le déclic est venu d’un simple observation : les tenues des appelés, soumises à des conditions d’exercice intensives, se déchirent fréquemment. Plutôt que de laisser ces réparations à la charge des familles ou des appelés eux-mêmes, les deux volontaires ont choisi d’agir en amont. « En tant que parent et citoyenne, j’ai voulu contribuer à ma mesure », explique Ouédraogo/Nebié, soulignant que l’IPO est une initiative qui « nous concerne tous ». Guigma, pour sa part, évoque un « devoir révolutionnaire » de soutenir une politique publique perçue comme essentielle à la résilience nationale.

Des réparations 24 heures sur 24, un soulagement pour les appelés

Salifou Compaoré, l’apprenti couturier mobilisé, travaille de 8 heures à 19-20 heures chaque jour pour remettre en état les tenues et sacs. Son implication reflète l’ampleur du besoin : les réparations, autrefois externalisées, deviennent désormais un service intégré au dispositif. Les autorités locales saluent cette initiative, qui allège la logistique de l’IPO et renforce son ancrage dans le quotidien des communautés.

Vers une intégration des métiers dans l’IPO ?

Au-delà des réparations immédiates, les deux volontaires plaident pour une évolution du programme : l’inclusion d’ateliers d’initiation aux métiers, comme la couture, lors des prochaines éditions. Une proposition qui pourrait transformer l’IPO en une plateforme de transmission de compétences, tout en répondant aux besoins concrets des appelés. Une piste qui interroge sur l’avenir de ce programme, entre discipline collective et opportunité de développement local.

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