Plus de 30 000 personnes, incluant des creuseurs artisanaux et leurs familles, ont été contraintes de quitter le site minier de Kamilombe à Kolwezi depuis le 25 octobre. Cette opération, menée au profit de la coentreprise Kabulungu Kamilombe Mining, soulève de vives interrogations sur le respect des droits des populations locales et l'absence de planification logistique adéquate.
Une évacuation sans concertation préalable
Le transfert des populations du site de Kamilombe s'est opéré sans consultation préalable des acteurs concernés. La zone, qui faisait vivre des milliers de creuseurs artisanaux et divers opérateurs économiques locaux, a été libérée pour permettre l'exploitation par Kabulungu Kamilombe Mining, une entité associant la Gécamines et Falcon Ressources, liée au groupe émirati. Ce départ forcé, effectué sans moratoire, a brutalement interrompu les activités économiques de nombreux ménages qui dépendaient directement ou indirectement de l'extraction artisanale sur ce périmètre.
Infrastructures insuffisantes sur le site de relocalisation
La zone de remplacement, identifiée sous le nom de ZEA 371, est au cœur des critiques des organisations de la société civile. Selon Donant Kambola, coordonnateur de la synergie SOLORN, ce site ne dispose pas des infrastructures de base nécessaires pour accueillir une population aussi importante. Le constat sur le terrain révèle une absence de présence significative des creuseurs artisanaux sur cette nouvelle zone, suggérant que les conditions d'accueil ne permettent pas la reprise immédiate de leurs activités de subsistance.
Précarité financière et incertitudes économiques
Les modalités d'indemnisation sont également pointées du doigt par les représentants des travailleurs. Les montants versés, oscillant entre 400 et 1 200 dollars américains par puits, sont jugés insuffisants par les acteurs locaux pour compenser la perte de revenus et les coûts de réinstallation. La Coopérative minière pour le développement et le social (CMDS), qui encadre les creuseurs, confirme la situation de précarité dans laquelle se trouvent les familles déplacées. À ce jour, aucune solution de réinstallation pérenne n'a été présentée, laissant des milliers de ménages dans une incertitude totale quant à leur avenir économique, tandis que les autorités provinciales et les responsables de la coentreprise minière n'ont pas encore réagi publiquement à ces préoccupations.