Le gouvernement de la République démocratique du Congo a initié, le 26 octobre, le versement d'indemnités aux mineurs artisanaux évacués du site de Kamilombe, à Kolwezi. Cette opération, qui cible environ 6 000 exploitants sur les 20 000 recensés, est vivement contestée par les bénéficiaires et la société civile, qui dénoncent un décalage majeur entre les montants alloués et les investissements engagés.
Un barème d'indemnisation contesté
Le dispositif gouvernemental prévoit un forfait variant de 400 dollars pour un puits de cobalt à 1 200 dollars pour un puits de cuivre. Ces montants sont jugés largement insuffisants par les mineurs propriétaires. Certains exploitants témoignent avoir investi jusqu'à 8 000 dollars dans le creusement et l'équipement de leurs puits, sans compter les charges opérationnelles hebdomadaires liées à la main-d'œuvre et à la logistique. Pour ces travailleurs, le déguerpissement, survenu avant que les puits ne deviennent productifs, se traduit par une perte sèche colossale et un endettement immédiat.
Le cadre légal en question
La société civile, par la voix de l'ONG CASMIA, pointe du doigt une violation manifeste du règlement minier en vigueur. Selon Shadrack Mukad, directeur de l'organisation, la loi impose une évaluation précise de la valeur réelle du bien exproprié, assortie d'une majoration de 50 %. En optant pour un forfait fixe plutôt que pour une expertise technique individualisée, les autorités s'exposent à des critiques sur le non-respect des droits des exploitants artisanaux, dont l'activité constitue un pilier économique local.
Relocalisation et encadrement du secteur
Face à la grogne, le gouvernement justifie cette intervention par la nécessité d'assainir et de mieux structurer l'exploitation artisanale dans la région du Grand Katanga. Dans le cadre de cette réorganisation, les autorités ont annoncé la relocalisation des mineurs sur un nouveau site, situé à 60 kilomètres de Kolwezi. Si cette mesure vise à formaliser le secteur, la question de la viabilité économique de ce nouveau site pour les mineurs, déjà fragilisés par leurs pertes financières, reste un point de vigilance majeur pour les observateurs du secteur minier congolais.