Face aux tensions croissantes liées à la campagne d'immatriculation des engins roulants à Kankan, le procureur près le tribunal de première instance, Fodé Bintou Keita, a réuni les acteurs du secteur pour exiger le respect des obligations légales. Cette concertation intervient dans un climat marqué par des incidents violents contre des agents de la force publique, poussant le parquet à rappeler fermement les conséquences judiciaires de telles agressions.
Une exigence de conformité citoyenne
Pour les autorités, l'immatriculation des véhicules n'est pas une simple formalité administrative, mais un acte de civisme indispensable au renforcement de l'État. Le procureur a insisté sur le fait que cette politique publique, visant à régulariser le parc automobile, est une obligation légale. Mme Kaba, coordonnatrice régionale au ministère des Transports, a appuyé cette position en soulignant que le respect des procédures étatiques est le socle d'une nation sécurisée et avancée, invitant les syndicats et les citoyens à faire preuve de responsabilité.
Tolérance zéro pour les violences contre les agents
Le point de rupture de cette campagne a été l'agression physique d'un policier dans l'exercice de ses fonctions, un acte que le parquet qualifie de rébellion et de coups et blessures volontaires. Si le procureur a privilégié le dialogue pour apaiser les tensions, il a averti que toute nouvelle agression contre un agent de la force publique entraînera des poursuites systématiques. L'auteur présumé de l'agression initiale est d'ailleurs déjà sous le coup d'une procédure judiciaire, illustrant la volonté du parquet de protéger les agents investis d'une mission de service public.
Clarification sur les accusations de racket
La rencontre a également permis d'aborder les allégations de « raquettes » formulées par certains usagers contre les forces de l'ordre. Le procureur a toutefois souligné l'absence de plaintes formelles déposées auprès de son parquet, précisant qu'il ne pouvait agir sur la base de simples rumeurs. Il a par ailleurs mis en garde contre une confusion possible : certains usagers en situation irrégulière pourraient, selon lui, tenter de corrompre les agents pour éviter les sanctions, avant de dénoncer a posteriori des pratiques abusives. Le magistrat a invité toute personne victime d'un comportement illégal de la part d'un agent à saisir les autorités compétentes par les voies légales.
Un appel à la responsabilité collective
Pour éviter une escalade répressive, les autorités locales, les chefs de quartier et les responsables syndicaux sont désormais mobilisés pour intensifier la sensibilisation. L'objectif est de garantir que la campagne d'immatriculation se poursuive dans le calme, tout en rappelant que l'État ne saurait tolérer une remise en cause de son autorité. Le parquet a conclu en réaffirmant que le respect de la loi est la seule voie pour éviter des sanctions judiciaires, tout en soulignant que l'affaiblissement de l'application des règles nuirait à l'intérêt collectif.