La rentrée scolaire à Jérusalem-Est est marquée par une grève illimitée dans les établissements privés et chrétiens, en réaction à une pression croissante sur le contenu pédagogique et le personnel enseignant. Cette mobilisation dénonce l'imposition forcée du programme scolaire israélien dans les classes de première et septième année, ainsi que le refus soudain de délivrer des permis d'entrée aux enseignants venant de Cisjordanie.
L'imposition du programme scolaire comme enjeu identitaire
L'obligation faite aux écoles palestiniennes d'adopter exclusivement le programme israélien concerne désormais plus de 45 000 élèves, soit un tiers des effectifs de la ville, marquant une progression rapide sur les six dernières années. Pour les autorités locales, cette mesure dépasse le cadre éducatif : elle est perçue comme une tentative d'effacement de la mémoire et de l'identité nationale palestinienne. En parallèle, des infrastructures éducatives précédemment gérées par l'UNRWA ont été saisies par les forces israéliennes pour être remplacées par des structures sous administration israélienne.
La crise des permis et la paralysie administrative
Le secteur éducatif privé fait face à une pénurie de personnel sans précédent. Le Secrétariat général des institutions éducatives chrétiennes a confirmé que le non-renouvellement brutal des permis de travail pour plus de 70 enseignants et employés empêche le fonctionnement normal des établissements. Cette décision, prise sans préavis alors que les autorisations avaient été confirmées en juin, affecte non seulement l'enseignement, mais aussi les services de sécurité et d'hygiène, rendant impossible une rentrée sécurisée pour les élèves.
Une stratégie de pression systémique
Au-delà des permis, les écoles sont soumises à un cadre législatif contraignant. Une loi adoptée par la Knesset interdit désormais l'emploi d'enseignants titulaires de diplômes délivrés par des institutions de l'Autorité palestinienne, touchant potentiellement 60 % du corps enseignant arabe de la ville. Les responsables des écoles privées dénoncent également des tactiques de pression financière, où l'octroi de budgets est conditionné à l'adoption du programme israélien. Face à ce qu'ils qualifient de siège académique, les établissements se tournent vers des recours judiciaires, incluant des saisines de la Cour suprême pour défendre le droit à l'exercice professionnel de leurs diplômés.