Le bouclage militaire imposé par Israël sur plusieurs quartiers de la ville d'Hébron, en Cisjordanie occupée, a provoqué le déplacement forcé de plus de 3 100 habitants. Cette mesure, décidée à la suite d'une attaque meurtrière contre des soldats israéliens le 23 octobre, suspend indéfiniment la vie quotidienne et les activités économiques de nombreux résidents.
Un impact direct sur les projets de vie
Pour Haidar Yahya Tamimi, technicien en radiologie, le 23 octobre devait marquer le début d'une nouvelle vie. Après quatre mois de préparatifs et l'envoi d'invitations à un millier de convives, son mariage a été annulé en urgence. Contraint de quitter son domicile du quartier d'al-Jalada en pleine nuit, il se retrouve aujourd'hui dans l'incapacité d'accéder à sa maison, où sont restés ses effets personnels et ses préparatifs de noce. À ce jour, aucune nouvelle date n'a pu être fixée, le couple ignorant quand il pourra regagner son foyer, dont l'intérieur a été investi par les forces militaires selon des images de vidéosurveillance.
Une paralysie des activités commerciales
Au-delà des drames personnels, le bouclage affecte plus d'une centaine d'entreprises locales. L'agence de voyage Rukn al-Asala illustre cette impasse : l'impossibilité d'accéder aux bureaux a bloqué l'organisation d'un pèlerinage vers l'Arabie saoudite pour quinze personnes. Les passeports des voyageurs, ainsi que des documents administratifs cruciaux, sont restés piégés dans les locaux inaccessibles.
Conséquences sur les échanges internationaux
Le secteur du commerce extérieur subit également les contrecoups de cette situation sécuritaire. Des commerçants locaux, dont les passeports sont bloqués dans la zone bouclée, ont dû annuler des déplacements professionnels prévus en Chine. Ces voyages étaient destinés à la prospection d'équipements pour leurs entreprises familiales. Faute de pouvoir récupérer leurs documents de voyage, ces entrepreneurs voient leurs réservations annulées et leurs chaînes d'approvisionnement interrompues, sans visibilité sur une éventuelle levée des restrictions imposées par le commandement militaire israélien.