Dans les centres de déplacés de la bande de Gaza, l'accès au pain est devenu un défi quotidien majeur pour des milliers de familles privées de revenus et de moyens de cuisson. Pour pallier l'absence de combustible et le coût exorbitant du bois, des fours communautaires, soutenus par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), permettent aux populations de transformer leurs maigres rations en repas essentiels.
Une réponse logistique à la précarité
Le projet des fours communautaires répond à une double urgence : le manque d'espace pour cuisiner dans les abris et l'impossibilité financière d'acheter du gaz ou du bois. Entre janvier et juin, le programme a permis la production de 9,2 millions de pains, bénéficiant à environ 44 000 personnes. Chaque unité, installée au sein d'écoles transformées en refuges, peut produire jusqu'à 200 pains par jour. Le CICR prend en charge les infrastructures ainsi que la rémunération des travailleurs, offrant ainsi un service gratuit aux familles déplacées.
Le travail comme levier de résilience
Au-delà de la production alimentaire, ces fours constituent l'une des rares sources de revenus dans une économie locale dévastée, où plus de 80 % de la population est sans emploi. Les postes de boulangers, attribués par tirage au sort pour des missions d'un mois, permettent à des femmes, souvent diplômées et autrefois actives dans d'autres secteurs, de subvenir aux besoins de leurs foyers. Pour ces travailleuses, cette activité représente un privilège nécessaire, bien que physiquement éprouvant, dans un contexte où les sources de revenus traditionnelles, comme l'agriculture ou la pêche, sont entravées par les restrictions et les destructions liées au conflit.
Une solution face à l'ampleur des besoins
Malgré l'efficacité du dispositif, les responsables humanitaires soulignent que ces initiatives ne constituent qu'une réponse partielle à une crise de grande ampleur. Matthew Manguet, responsable des moyens de subsistance au CICR, qualifie ces efforts de « goutte d'eau dans l'océan » face à l'ampleur des besoins. Néanmoins, face à la poursuite des déplacements de population, l'organisation continue d'étendre le nombre de fours à travers la bande de Gaza. Pour les familles, cet accès gratuit au pain reste un élément déterminant de leur survie, leur permettant de transformer le peu de ressources dont elles disposent en une alimentation de base pour leurs enfants.