Dans le centre de Gaza, des séances de cinéma hebdomadaires deviennent un refuge essentiel pour des dizaines de jeunes filles déplacées par le conflit. Organisée par l'ONG UOSSM USA, cette initiative dépasse le simple divertissement pour offrir un espace de résilience face aux traumatismes de la guerre.
Un espace de déconnexion nécessaire
Pour Natalie al-Hatoum, 14 ans, et Rama Abu Mohammed, 15 ans, le centre de Deir el-Balah représente une parenthèse dans un quotidien marqué par la précarité et le deuil. Ces jeunes filles, qui vivent pour beaucoup dans des tentes ou des logements surpeuplés, trouvent dans ces projections un moyen de s'extraire temporairement de la réalité brutale du conflit. Ce qui a débuté avec une vingtaine de participantes rassemble aujourd'hui jusqu'à 40 jeunes filles, désireuses de retrouver un semblant de normalité et de sécurité.
Au-delà du film, un accompagnement psychosocial
Le cinéma sert ici de vecteur pour aborder des sujets complexes. Les séances, d'une durée d'une à deux heures, sont systématiquement suivies de discussions animées par des facilitateurs psychosociaux. L'objectif est d'aider les participantes à verbaliser leurs émotions et à traiter les traumatismes vécus. « Nous essayons de les séparer complètement de la chaleur, de l'exiguïté et de la dureté de leur quotidien », explique Jehan Abu Zanouna, facilitatrice au sein du programme.
Éducation à la sécurité et aux limites personnelles
Le programme intègre également des modules pratiques sur la sécurité personnelle, la gestion des émotions et la définition de limites, des enjeux cruciaux dans des conditions de vie où l'intimité est quasi inexistante. Les animatrices utilisent les thématiques des films pour engager des conversations sur la protection contre le harcèlement et la manière de réagir face à des situations difficiles. Cette approche pédagogique permet aux jeunes filles de mieux appréhender leur environnement immédiat tout en renforçant leur capacité de résilience.
Un besoin de soutien croissant
Alors que la situation humanitaire reste critique, l'organisation souligne l'importance vitale de ces espaces de parole pour les enfants. En offrant un cadre structuré pour jouer, interagir et apprendre, ces activités permettent aux participantes de « recharger leur énergie » avant de retourner dans leurs familles. Pour ces jeunes Gazaouies, ces moments de répit ne sont pas seulement une distraction, mais un outil de survie psychologique indispensable pour affronter les défis persistants de leur quotidien.