Cinq mois après le naufrage de deux migrants dans la Manche, leurs proches se sont rassemblés devant le tribunal judiciaire de Dunkerque pour exiger la restitution des dépouilles. Malgré la transmission rapide de documents d'identité et de prélèvements ADN, les familles dénoncent une lenteur administrative qui les empêche d'accomplir les rites funéraires nécessaires.
Un processus d'identification contesté
Le 1er avril dernier, deux candidats à l'exil, un Afghan de 32 ans nommé Jasmeet Wadhwa et un ressortissant soudanais identifié comme Nagmeldin Adam, ont perdu la vie au large de Gravelines lors d'une tentative de traversée clandestine. Depuis ce drame, les familles des victimes affirment avoir collaboré pleinement avec les autorités françaises. Le cousin de Jasmeet Wadhwa souligne avoir fourni passeport, récépissé de demande d'asile et photographies dès les jours suivant l'accident. De son côté, la mère de la victime, présente lors de la traversée, s'est soumise à un test ADN pour faciliter les comparaisons génétiques.
L'impasse des rites funéraires
Pour les familles, cette attente prolongée dépasse le cadre de la simple procédure judiciaire. Ivnit Singh, cousin de Jasmeet Wadhwa, rappelle que pour sa famille de confession sikh, l'organisation des rites finaux est un devoir sacré. L'impossibilité d'accéder au corps pour procéder à la crémation est vécue comme une souffrance supplémentaire. Les militants associatifs présents lors de la manifestation du 31 août qualifient cette situation d'inexplicable, pointant du doigt un délai de cinq mois jugé excessif au regard des éléments d'identification déjà transmis aux enquêteurs.
La réponse de l'autorité judiciaire
Interrogée sur les raisons de ce délai, la procureure de Dunkerque, Charlotte Huet, a indiqué que les analyses de police technique et scientifique sont toujours en cours. Elle a toutefois précisé que des échéances opérationnelles sont prévues dans les prochains jours pour avancer sur ce dossier. L'autorité judiciaire affirme être consciente de l'enjeu humain que représente cette identification rapide pour les familles endeuillées. Ce drame s'inscrit dans un contexte migratoire tendu dans la zone, où six décès ont été recensés lors de tentatives de traversée depuis le début de l'année 2026.