Une cérémonie symbolique à Douala a marqué la remise de kits scolaires et d’aides financières à près de 300 enfants de policiers orphelins, à quelques jours de la rentrée 2026-2027. Portée par l’association des épouses de policiers (Powa), cette initiative s’inscrit dans une tradition annuelle visant à atténuer les conséquences sociales des décès au sein des forces de l’ordre.
Une mobilisation collective pour les familles endeuillées
Organisée à la maison de parti de Bonanjo sous l’égide du gouverneur du Littoral et du commissaire divisionnaire Hervé Marie Ondoa, la cérémonie a rassemblé les acteurs clés de la région. L’événement, parrainé par Mbarga Nguele, présidente nationale de Powa, a permis de distribuer des fournitures scolaires et des fonds aux enfants, couvrant tous les niveaux d’enseignement. « Cet acte reste gravé dans les mémoires », a témoigné Hélène T., élève de seconde, au nom des bénéficiaires.
Le gouverneur Samuel Dieudonné Ivaha Diboua a salué l’engagement des épouses de policiers, soulignant leur rôle central dans le soutien aux familles. « La maman est le socle de la famille, l’appui sur lequel les orphelins devraient profiter », a-t-il déclaré, reprenant une chanson de Patience Dabany pour illustrer son propos.
Powa : une tradition née en 2015 et en expansion
Marie Hélène Ebendeng, chef des œuvres sociales à la police, a rappelé que cette initiative, lancée en 2015, est devenue une tradition annuelle. « Nous voulons partager des moments de joie pour leur montrer que, malgré la perte d’un parent, ils appartiennent désormais à un corps uni », a-t-elle expliqué. L’association accompagne désormais près de 5 000 orphelins à l’échelle nationale, contre 100 à ses débuts. À Douala, près de 300 enfants ont été soutenus cette année, avec une représentativité couvrant plusieurs régions.
La cérémonie a également servi de plateforme pour rappeler que la Powa ne se limite pas à Douala : des dons ont été transférés à Nkongsamba, dans le département du Moungo, où la représentante locale s’est engagée à en faire un usage optimal.
Un modèle de solidarité à étendre ?
Si cette initiative répond à un enjeu social immédiat – faciliter la scolarité des enfants de policiers disparus –, elle pose aussi la question de son extension à d’autres corps de sécurité ou secteurs professionnels exposés. Les retombées de cette tradition, désormais bien ancrée, pourraient inspirer des initiatives similaires ailleurs en Afrique, où les familles de fonctionnaires décédés peinent souvent à accéder à un soutien structurel.