La saison des pluies à Dakar impose un défi logistique majeur aux marchés de Tilène et des HLM, où l'accumulation d'eau stagnante et de boue perturbe gravement les échanges commerciaux. Entre insalubrité persistante et baisse drastique de la fréquentation, les commerçants tentent de maintenir leur activité dans des conditions précaires.
Un frein structurel à l'activité commerciale
L'hivernage transforme les allées des marchés en zones marécageuses, rendant l'accès aux étals difficile pour les usagers. Cette dégradation du cadre de travail entraîne une désertion notable des clients, qui ne se déplacent plus que par nécessité absolue. Pour les commerçants, cette situation se traduit par une gestion quotidienne de la fange, où le nettoyage des devantures devient une tâche répétitive et souvent vaine, les passages de véhicules projetant régulièrement les eaux usées vers les boutiques.
La mutation forcée vers le commerce numérique
Face à l'impossibilité d'accueillir le public dans des conditions décentes, les vendeurs ont dû adapter leurs méthodes de travail. Une part significative des transactions, estimée à près de 80 % par certains acteurs locaux, s'effectue désormais en ligne. Si cette transition numérique permet de pallier la baisse de fréquentation physique, elle impose aux commerçants une charge de travail supplémentaire et une gestion logistique plus complexe, soulignant la vulnérabilité des modèles économiques traditionnels face aux défaillances des infrastructures urbaines.
Un enjeu de santé publique et de viabilité économique
Au-delà de la gêne occasionnée, l'insalubrité des marchés soulève des inquiétudes quant à l'hygiène des produits vendus, notamment les denrées alimentaires exposées à proximité immédiate des eaux stagnantes et des déchets. Les commerçants, conscients de ces risques, expriment leur impuissance face à une situation qui se répète chaque année. Cette dégradation des conditions de travail, commune à plusieurs zones commerciales de la capitale, fragilise durablement les petits entrepreneurs qui peinent à maintenir leur rentabilité tout en assurant la salubrité de leurs espaces de vente.