La préparation de la rentrée scolaire devient un défi financier majeur pour les familles burundaises. Confrontés à une hausse généralisée des prix des cahiers et des uniformes, les parents peinent à équiper leurs enfants, une situation exacerbée par la destruction récente de centres commerciaux clés à Bujumbura.
L'impact des incendies sur l'accès aux fournitures
La destruction par incendie des galeries « Le Parisien » et « Ndayizamba » a profondément désorganisé le marché local. Ces espaces, prisés pour leurs tarifs de gros, permettaient aux familles nombreuses de réduire leurs dépenses. La perte des stocks a non seulement réduit l'offre disponible, mais a également contraint les parents à se tourner vers des détaillants aux prix plus élevés. Certains ménages, comme ceux représentés par Jean-Bosco Hatungimana, se retrouvent dans l'incapacité d'acheter la totalité du matériel nécessaire, faute de budget suffisant pour couvrir ces coûts imprévus.
Une inflation marquée des produits scolaires
Les données recueillies sur le terrain confirment une tendance inflationniste sévère. Le cahier de 100 pages, autrefois vendu à 3 000 BIF, oscille désormais entre 4 000 et 6 000 BIF selon les points de vente. La hausse est tout aussi significative pour les uniformes scolaires, dont le prix pour un élève de première année a quasiment doublé, passant de 18 000 à 30 000 BIF. Cette pression financière est accentuée par le caractère obligatoire des manuels et fournitures, ne laissant aucune marge de manœuvre aux parents.
Spéculation et charges opérationnelles
Si les commerçants justifient ces tarifs par l'augmentation des coûts d'approvisionnement et des charges fixes, comme les frais de location d'emplacements en centre-ville, l'Association burundaise des consommateurs (Abuco) pointe du doigt un phénomène de spéculation. Le porte-parole de l'association, Jean-Noël Nkurunziza, souligne que la période de rentrée attire des acteurs occasionnels, favorisant une concurrence déloyale et une volatilité des prix préjudiciable aux consommateurs.
Appels à une intervention publique
Face à cette crise, les familles et les organisations de défense des consommateurs sollicitent une intervention du gouvernement. Les recommandations incluent la mise en place d'avantages fiscaux ou logistiques pour les commerçants afin de stabiliser les prix, ainsi qu'une réflexion sur un modèle de distribution directe via les établissements scolaires. L'enjeu est de garantir que l'accès aux fournitures, jugées indispensables, ne devienne pas un facteur d'exclusion scolaire pour les ménages à faibles revenus.