Dans la ville de Beni, au Nord-Kivu, la défaillance des systèmes d'approvisionnement en eau et le déficit en matériel d'hygiène compromettent gravement la sécurité sanitaire. Cette situation, mise en lumière lors de la Journée mondiale de la sécurité des patients, souligne l'urgence de renforcer les protocoles de prévention des infections au sein des structures de soins locales.
Des lacunes structurelles persistantes
Le constat dressé par les professionnels de santé, notamment au Centre hospitalier Emmanuel d'Alzon, révèle une vulnérabilité accrue des établissements. Le docteur Michael Vahitirania pointe du doigt une triple carence : l'insuffisance de produits de désinfection, des infrastructures inadaptées et un manque criant de formation du personnel soignant sur la gestion des déchets et les protocoles de prévention. Cette absence de moyens et de savoir-faire technique limite la capacité des centres à garantir un environnement sain pour les patients et les équipes médicales.
Une réponse sanitaire sous tension
Si la menace persistante de la maladie à virus Ebola a permis de mobiliser des appuis extérieurs pour équiper certaines structures, ces interventions restent ponctuelles. Le Programme de Promotion des Soins de Santé Primaire (PPSSP) s'efforce de combler ces brèches en fournissant des équipements essentiels. Toutefois, ces aides ne suffisent pas à pallier les besoins structurels profonds, poussant le PPSSP à exhorter les partenaires du secteur à pérenniser leur soutien, tant sur le plan de la prévention que sur celui de l'accès aux médicaments.
Projets d'infrastructures hydrauliques
Pour répondre à l'urgence hydrique, le bureau de la zone de santé de Beni a engagé un plan d'action axé sur l'autonomie en eau. Des projets de forages et l'installation de réservoirs de stockage sont en cours de déploiement avec l'appui de partenaires techniques. Selon Paluku Perusi, intervenant dans la protection à base communautaire, ces installations visent à sécuriser l'approvisionnement en eau potable des établissements de soins, une condition sine qua non pour améliorer les standards de prise en charge et réduire les risques de contamination croisée.