À Bamako, l'arrêt prolongé de chantiers publics majeurs pèse lourdement sur les finances de l'État malien

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 19 lectures
À Bamako, l'arrêt prolongé de chantiers publics majeurs pèse lourdement sur les finances de l'État malien

Le programme de modernisation de l'administration publique malienne, visant à doter les services de l'État d'infrastructures modernes tout en réduisant les coûts locatifs, fait face à une impasse. Plusieurs chantiers d'envergure, lancés pour transformer le paysage administratif de Bamako, sont aujourd'hui à l'arrêt, laissant des milliards de francs CFA immobilisés dans des structures inachevées.

Un objectif de rationalisation budgétaire contrarié

La stratégie initiale des autorités maliennes reposait sur une volonté de centralisation et d'économie. En construisant des immeubles de haut standing pour loger les directions nationales et les services de l'État, le gouvernement cherchait à mettre fin aux baux onéreux conclus avec des propriétaires privés, qui pèsent lourdement sur le budget national chaque année. Si certains services, tels que les directions des impôts, des douanes ou de la police nationale, ont pu intégrer des locaux neufs, une part significative du programme reste en suspens.

Des projets emblématiques en état de déshérence

Parmi les chantiers les plus notables, la tour de l'Office de radio et télévision du Mali (ORTM) illustre l'ampleur du blocage. Situé sur la route de Kati, ce complexe de huit étages, incluant des studios et des salles polyvalentes sur un site de dix hectares, est aujourd'hui à l'arrêt malgré des investissements chiffrés en milliards. Une situation similaire affecte le nouveau siège de l'Agence malienne de presse et de publicité (AMAP), un immeuble de cinq niveaux dont la construction est interrompue depuis plusieurs années.

Le coût financier de l'immobilisme

L'Hôtel des Sports, initialement budgétisé entre 2015 et 2017 pour un montant de 3 milliards de francs CFA, cristallise également les difficultés de ce vaste plan. Prévu pour regrouper le ministère des Sports et ses directions techniques sur la route de Koulouba, le projet n'a pas dépassé le stade du terrassement. Cet arrêt prolongé des travaux pose un défi majeur pour les finances publiques : une éventuelle reprise des chantiers nécessiterait, selon toute vraisemblance, de nouveaux décaissements importants du Trésor public pour finaliser des structures dont le coût initial a déjà été largement entamé.

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