La province d'Al Hoceïma s'apprête à renouveler ses quatre sièges à la Chambre des représentants lors du scrutin législatif du 23 septembre. Cette échéance électorale constitue un test majeur pour les formations politiques locales, tiraillées entre la nécessité de préserver leurs bastions historiques et l'émergence de nouvelles dynamiques de renouvellement.
L'impact des réformes sur les rapports de force
L'évolution du paysage électoral à Al Hoceïma est étroitement liée aux modifications du mode de calcul du quotient électoral. Le scrutin de 2021 a marqué un tournant par rapport à celui de 2016, où le Parti Authenticité et Modernité (PAM) dominait largement avec deux sièges. La réforme a redistribué les cartes : si le PAM a vu sa représentation réduite, le Rassemblement national des indépendants (RNI) a su tirer profit de cette nouvelle configuration pour s'imposer, tandis que le Parti de l'Istiqlal a consolidé son influence en augmentant son nombre de voix.
Stratégies de continuité face au renouvellement
Pour cette nouvelle campagne, les partis adoptent des postures divergentes. Certains misent sur la stabilité en reconduisant des figures familières du terrain. Le PAM maintient sa confiance à Mohamed Hammouti, le Mouvement populaire (MP) reconduit Mohamed Laârej, et l'Union socialiste des forces populaires (USFP) conserve Abdelhaq Amghar. Ces formations capitalisent sur un ancrage territorial éprouvé pour sécuriser leurs acquis.
À l'inverse, d'autres partis ont opté pour une stratégie de rupture. Le Parti de l'Istiqlal présente Mohamed Hammoudani, succédant à Noureddine Moudiane, tandis que le RNI investit Karim El Boutahri. Le Parti de la justice et du développement (PJD), l'Union constitutionnelle, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) et l'Alliance de la gauche ont également choisi de nouveaux visages, tels que Hanan El Maaroufi, Latifa Aâbouth, Mohamed Boudra et l'avocat Yassine El Fassi, dans l'espoir de renverser les dynamiques établies.
Un scrutin entre notabilités et alternatives
L'enjeu du 23 septembre dépasse le simple comptage des sièges. Il s'agit d'une confrontation entre deux modèles de conquête du pouvoir : celui des réseaux de notabilités, dont l'influence repose sur des relais locaux solides, et celui des candidats porteurs d'une volonté de changement. La capacité des nouveaux prétendants à transformer l'aspiration à une alternative en suffrages réels sera déterminante pour mesurer la fragilité des positions acquises par les partis traditionnels dans cette province du Rif.