À 39 ans, Betty Nyamai reprend ses études universitaires grâce à une mobilisation citoyenne

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 3 lectures
À 39 ans, Betty Nyamai reprend ses études universitaires grâce à une mobilisation citoyenne

Vingt ans après avoir obtenu son certificat de fin d'études secondaires, Betty Nyamai, 39 ans, a rejoint les bancs de l'Université de Tharaka au Kenya. Ce retour aux études, rendu possible par la solidarité d'un groupe de femmes, souligne les défis persistants d'accès à l'enseignement supérieur pour les populations précaires.

Un parcours marqué par la résilience

Originaire du comté de Kitui, Betty Nyamai a obtenu son diplôme de fin d'études secondaires en 2006 avec les notes requises pour l'université. Cependant, faute de moyens financiers et après le décès de ses grands-parents qui l'avaient élevée, son rêve d'études supérieures a été mis en suspens pendant deux décennies. Mère de deux enfants, elle a longtemps survécu en effectuant des travaux domestiques précaires dans son village de Marimanti, avant que son potentiel académique ne soit révélé lors d'une rencontre avec une association locale.

La mobilisation d'un collectif local

C'est au sein de la guilde des femmes de l'église PCEA de Kathwana que le destin de Mme Nyamai a basculé. En découvrant son parcours et ses résultats scolaires passés, les membres du groupe ont décidé de se mobiliser pour financer son inscription. Ce soutien collectif a permis de couvrir les frais du premier semestre, l'hébergement et les besoins immédiats de ses enfants. Pour ces femmes, l'âge de l'étudiante — qui obtiendra son diplôme à 45 ans — ne constitue pas un frein à son employabilité future en tant qu'enseignante.

Les défis persistants de la scolarisation

Malgré cette opportunité, le quotidien de l'étudiante reste une épreuve logistique et financière. Chaque jour, elle parcourt huit kilomètres à pied pour rejoindre le campus de l'Université de Tharaka, tout en jonglant avec ses responsabilités parentales. La famille, dont le conjoint est actuellement sans emploi, fait face à un déficit de financement pour régler les frais de scolarité restants. Alors que les tentatives d'obtention d'un prêt auprès du Higher Education Loans Board (HELB) n'ont pas abouti, la poursuite de son cursus en éducation, spécialité anglais et littérature, dépend désormais de la pérennisation de cet élan de solidarité pour couvrir les échéances à venir.

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