Le 18 au 21 octobre 1946, le congrès de Bamako a posé les bases du premier grand mouvement panafricain anticolonial, le Rassemblement démocratique africain (RDA). En Guinée, la délégation qui y a participé a rapidement créé la section locale, le Parti démocratique de Guinée (PDG), qui deviendra l’acteur principal de l’indépendance du pays en 1958. Le récit de Ray Autra, fils d’un des fondateurs, rappelle l’importance de cet héritage pour les générations actuelles.
Le congrès de Bamako : naissance du RDA
Organisé du 18 au 21 octobre 1946 à Bamako, le congrès a réuni des leaders de plusieurs colonies françaises d’Afrique de l’Ouest. L’objectif affiché était de former une coalition politique capable de défendre les intérêts africains face au colonialisme. Le RDA, issu de ces débats, se définit comme un mouvement panafricain et anticolonial, posant les jalons d’une coopération politique au-delà des frontières nationales.
Création du Parti démocratique de Guinée (PDG)
À l’issue du congrès, les représentants guinéens, inspirés par les résolutions de Bamako, fondent la section guinéenne du RDA sous le nom de Parti démocratique de Guinée. Le PDG se structure rapidement autour de figures clés de la société guinéenne, qui voient dans le RDA une plateforme pour articuler leurs revendications d’autodétermination. Cette organisation devient le fer de lance de la lutte politique interne, mobilisant intellectuels, syndicats et élites traditionnelles.
Le PDG et l’indépendance de la Guinée en 1958
Durant les douze années qui suivent sa création, le PDG consolide son influence en organisant des campagnes de sensibilisation, des grèves et des manifestations. Le parti parvient à unir les différentes composantes de la société guinéenne autour d’un projet commun d’émancipation. En 1958, lorsque le référendum sur l’autodétermination proposé par la France se tient, le PDG mène la campagne en faveur du « non », aboutissant à la proclamation de l’indépendance de la Guinée, première colonie française à choisir la souveraineté totale.
Mémoire familiale : le témoignage de Ray Autra
Ray Autra, né Mamadou Traoré, est le fils d’un des fondateurs du PDG. Dans ses entretiens, il rappelle les débats intenses qui ont animé la délégation guinéenne à Bamako et la conviction partagée que l’unité africaine était indispensable pour rompre le joug colonial. Son récit personnel offre une perspective intime sur les motivations idéologiques du mouvement et souligne la continuité entre les luttes d’hier et les aspirations politiques contemporaines en Guinée.