Le neuvième Access to Financial Services in Nigeria (A2F) Survey d’EFInA indique que 79 % des adultes du pays utilisent déjà un produit ou service financier, mais la plupart d’entre eux ne disposent pas d’une santé financière satisfaisante, ce qui redéfinit les priorités des politiques publiques.
Un taux d’inclusion formelle de 73 % dépasse l’objectif national
Le sondage montre que l’inclusion formelle, c’est‑à‑dire l’accès à des comptes bancaires ou à des services similaires, a atteint 73 % de la population adulte. Ce chiffre surpasse l’objectif de 70 % fixé par la Stratégie nationale d’inclusion financière, signe d’une progression notable depuis les précédentes enquêtes.
Le numérique accélère l’accès, mais la santé financière reste précaire
Selon le directeur général d’EFInA, Foyinsolami Akinjayeju, les services financiers numériques sont désormais utilisés par 64,4 % des adultes, contre 45 % il y a quelques années. Malgré cette hausse, l’organisme souligne que « trois Nigérians sur quatre ne sont pas financièrement sains », indiquant que l’accès ne se traduit pas automatiquement par une amélioration de la situation économique des usagers.
Vers une politique centrée sur l’usage, la confiance et la sécurité
Lors d’une allocution au nom du gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Olayemi Cardoso, relayée par Dr Aisha Isa‑Olatinwo, il a été rappelé que le défi politique ne consiste plus seulement à ouvrir des comptes ou à multiplier les points d’accès. Il s’agit désormais d’assurer une utilisation réelle, abordable, fiable et sécurisée des services, tout en renforçant la confiance des usagers et en mesurant concrètement l’amélioration de leur santé financière.
Des recommandations pour affiner les stratégies d’inclusion
Dr Agnes Olatokunbo Martins, présidente du conseil d’administration d’EFInA, a mis en garde contre les politiques basées sur des moyennes, insistant sur la nécessité d’adapter les solutions aux différences d’income, de genre, de localisation géographique et d’âge. Elle estime que les données de l’enquête A2F offrent une vision plus humaine que les simples chiffres administratifs, permettant d’ajuster les interventions aux besoins réels des populations.