Les forces armées maliennes ont confirmé la découverte de 54 corps après des attaques meurtrières contre des camps de la communauté daoussahak, situés à proximité de Ménaka, dans le nord‑est du pays. L’incident, attribué à la branche sahélienne de l’État islamique, vient s’ajouter aux violences qui secouent le Mali depuis plusieurs années.
Une attaque ciblée contre la communauté daoussahak
Selon les autorités, des hommes armés arrivés à moto ont ouvert le feu sur plusieurs camps abritant principalement des membres de la communauté daoussahak, un groupe ethnique présent dans la région de Ménaka. Les villages de Tinabow et de Tagadayat, situés à environ 50 km de la ville de Ménaka, ont été les plus touchés. Neuf survivants ont été évacués vers Ménaka, tandis que les corps ont été enterrés sur place.
Qui sont les acteurs derrière le massacre ?
Les forces armées ont indiqué que les témoignages recueillis sur le terrain pointaient vers la branche sahélienne du groupe État islamique (EI). Cette affirmation s’inscrit dans un contexte où le Mouvement armé pour le salut de l’Azawad (MSA), né au sein de la communauté daoussahak et allié à la junte au pouvoir, est régulièrement ciblé par les groupes djihadistes. Une source sécuritaire de Gao a toutefois suggéré que le massacre pourrait être une représaille aux récentes opérations militaires menées contre le MSA.
Réaction de l’armée et perspectives sécuritaires
Après la découverte des corps, une patrouille a été déployée dans la zone pour sécuriser les lieux et poursuivre les investigations. Les forces armées ont confirmé la poursuite d’opérations de sécurisation dans la région, sans préciser le nombre de soldats engagés. Le bilan porte désormais à 54 morts, soit six victimes supplémentaires par rapport aux premiers chiffres annoncés.
Le Mali confronté à une crise sécuritaire persistante
Depuis 2012, le Mali endure une crise multidimensionnelle mêlant jihadistes, groupes séparatistes et bandes criminelles. L’escalade de la violence à Ménaka souligne la fragilité du contrôle étatique dans le nord‑est du pays et alimente les inquiétudes de la communauté internationale quant à la stabilité du Sahel. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’efficacité des réponses militaires et la capacité du gouvernement à protéger les populations civiles.