400 ONG exigent que la restauration des terres devienne un pilier de la paix mondiale

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 27 lectures
400 ONG exigent que la restauration des terres devienne un pilier de la paix mondiale

Une coalition inédite de 400 organisations de la société civile mondiale a interpellé les États, lors de la COP17 sur la désertification à Oulan-Bator, pour faire de la restauration des terres un outil central de prévention des conflits et de consolidation de la paix. Portée par le slogan « Restaurer la terre, investir dans le peuple, construire la paix », cette initiative souligne le lien indissociable entre dégradation des sols et insécurité alimentaire, migrations forcées et tensions communautaires.

La dégradation des terres, accélérateur de crises humanitaires et sociales

Les organisations rappellent que la sécheresse, la raréfaction de l’eau et le changement climatique transforment les terres fertiles en zones hostiles, poussant des millions de personnes à l’exode. Ces déplacements massifs exacerbent les conflits autour des ressources rares, notamment l’accès à l’eau ou aux terres arables, entre communautés autochtones et nouveaux arrivants. En Éthiopie, par exemple, la désertification a déjà contraint des éleveurs à se reconvertir en agriculteurs, illustrant l’urgence d’agir avant que les tensions ne dégénèrent.

Gabriel Lagrange : « Restaurer les terres, c’est restaurer la dignité »

Pour Gabriel Lagrange, porte-parole de l’ONG nigériane Surge Africa, la restauration des sols ne se limite pas à un enjeu écologique. Elle représente un levier de stabilisation sociale : « Lorsque des communautés ou des pays parviennent à gérer équitablement la restauration des terres, les tensions s’apaisent, les revenus des populations se renforcent, et les déplacements sont mieux maîtrisés. » Il insiste aussi sur la nécessité de reconnaître explicitement la vulnérabilité des pays en post-conflit ou fragiles, afin d’y orienter des financements ciblés et des programmes de renforcement des capacités.

Un appel à repenser les priorités politiques et financières

Malgré des preuves tangibles du lien entre dégradation des terres et insécurité, cette problématique reste marginalisée dans les agendas nationaux et internationaux. La déclaration « Terre Paix Sécurité » exige des gouvernements qu’ils intègrent la restauration des sols comme une priorité politique, avec trois axes majeurs : l’investissement massif dans les sols, l’accès équitable aux ressources pour toutes les communautés, et le renforcement de la coopération entre acteurs locaux et États. Elle plaide également pour des systèmes d’alerte précoce capables de prévenir les conflits naissants liés aux ressources.

Vers une reconnaissance globale de l’urgence ?

Cette mobilisation intervient alors que la dégradation des terres est désormais qualifiée de « planétaire » par les experts. Les signataires espèrent que leur plaidoyer inspirera des engagements concrets lors des prochaines négociations internationales, transformant la restauration des terres en un pilier des stratégies de paix durable. Une urgence d’autant plus pressante que, sans action immédiate, les crises humanitaires et les conflits liés aux ressources ne feront que s’aggraver.

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