Un car transportant des fidèles zimbabwéens s’est écrasé contre un camion étranger, faisant au moins 27 morts et 7 blessés, dans une région rurale du pays. Cet accident, survenu près de Chivhu, illustre une fois de plus les failles structurelles du système routier zimbabwéen, où les infrastructures défaillantes et les pratiques de conduite dangereuses alimentent une crise récurrente de sécurité.
Un choc frontal dans une zone isolée
L’accident s’est produit vendredi soir, vers 18h30 (heure locale), sur une route plate et peu fréquentée à environ 140 km au sud de Harare. Selon les autorités, le camion de transport de marchandises, immatriculé à l’étranger, a percuté de plein fouet le minibus transportant des fidèles se rendant à une conférence religieuse. Le véhicule, réduit à une carcasse calcinée, a été filmé par la télévision nationale, révélant l’ampleur de la violence du choc.
Des causes structurelles derrière la tragédie
Les routes zimbabwéennes, marquées par des années de sous-financement et de négligence, sont un facteur clé de cette insécurité routière. Les nids-de-poule, l’absence de signalisation adaptée et l’état général des chaussées transforment chaque trajet en un risque permanent. Les minibus privés, surnommés *kombi*, souvent surchargés et conduits à haute vitesse, aggravent encore la situation. Ce mode de transport, indispensable pour des millions de Zimbabwéens, est régulièrement pointé du doigt pour ses conditions de sécurité déplorables.
Un bilan qui s’ajoute à une série noire
Ce drame s’inscrit dans une séquence macabre : en avril, 18 personnes avaient péri dans l’incendie d’un minibus sur une autoroute du sud, tandis qu’un autre accident avait coûté la vie à une femme et ses cinq enfants sur une route reliant le Zimbabwe à l’Afrique du Sud. Ces incidents répétés soulèvent des questions sur l’efficacité des mesures de prévention et la volonté politique de réformer un secteur en crise. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur d’éventuelles sanctions ou réformes immédiates, mais la pression sur le gouvernement pour agir se renforce.