Le service d'observation européen Copernicus a publié, le 6 novembre, des prévisions qui placent 2026 comme la deuxième année la plus chaude jamais mesurée, avec une moyenne mondiale supérieure de plus de 1,5 °C aux niveaux préindustriels. Cette perspective renforce la pression sur les engagements climatiques mondiaux et souligne l’influence persistante d’El Niño.
Copernicus anticipe 2026 comme la deuxième année la plus chaude depuis les relevés
Selon les modèles de Copernicus, la température moyenne annuelle de 2026 devrait se situer juste derrière le record établi en 2024. Les estimations indiquent une probabilité de 20 % que 2026 dépasse finalement ce record, ce qui placerait l'année en tête du classement historique des températures mondiales.
Un écart de plus de 1,5 °C aux niveaux préindustriels, amplifié par El Niño
Le rapport précise que la moyenne annuelle de 2026 dépasserait de plus de 1,5 °C les températures observées entre 1850 et 1900, seuil de référence utilisé pour mesurer le réchauffement climatique. Octobre 2026 a déjà été identifié comme le mois d’octobre le plus chaud jamais enregistré, avec un écart de 1,75 °C. En septembre, l’écart était de 1,63 °C, une hausse attribuée en partie à un renforcement du phénomène El Niño dans le Pacifique équatorial, qui vient ajouter de la chaleur à un climat déjà fortement influencé par les émissions humaines.
Implications pour l’accord de Paris et les objectifs de limitation du réchauffement
Le dépassement annuel ne signifie pas que le seuil de 2 °C fixé par l’accord de Paris a été franchi de façon définitive, mais il illustre la difficulté croissante à rester en dessous de ce plafond. L’accord, conclu en 2015, vise à maintenir le réchauffement « bien en dessous de 2 °C » et à poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5 °C. La trajectoire annoncée par Copernicus indique que les engagements actuels pourraient ne pas suffire à atteindre ces objectifs, appelant à un renforcement des politiques de réduction des émissions.
Perspective à moyen terme : la moyenne 2023‑2026 au‑delà de 1,5 °C
Outre la prévision pour 2026, Copernicus a également indiqué que la moyenne des quatre années couvrant 2023 à 2026 dépasserait elle aussi le seuil de 1,5 °C. Cette tendance soutenue suggère que le réchauffement n’est pas un phénomène ponctuel mais une évolution continue, avec des répercussions attendues sur les systèmes agricoles, la disponibilité en eau et la fréquence des événements climatiques extrêmes, notamment en Afrique où les vulnérabilités sont déjà élevées.