Mohammed Amin Adam, ancien ministre des Finances du Ghana, a présenté un plan de 13 mesures destinées à améliorer la visibilité et la gouvernance de la dette publique, afin de soutenir la reprise économique et de regagner la confiance des investisseurs locaux et internationaux.
Une dette domestique en forte hausse en 2026
Selon son analyse, le stock de dette du gouvernement central a crû de 55,71 milliards de cedis entre janvier et juillet 2026. Cette augmentation s’est accompagnée d’une émission supplémentaire de 21,8 milliards de cedis de valeur nominale répartie sur huit obligations du programme DDEP (Domestic Debt Exchange Programme). Le recours croissant aux bons du Trésor et l’exposition grandissante des banques locales ont accentué la pression sur le marché interne, tandis que 111 milliards de cedis de principal DDEP devront être remboursés en 2027 et 2028.
Les 13 leviers de transparence et de gouvernance proposés
Le plan d’Amin Adam s’articule autour de plusieurs axes : la publication mensuelle d’un registre détaillé de chaque titre de dette (soldes d’ouverture, nouvelles émissions, réouvertures, remboursements, intérêts courus et soldes de clôture) ; la divulgation, sous cinq jours ouvrables, de toute transaction non concurrentielle ; la réconciliation systématique des variations du stock de dette ; la diffusion mensuelle des données d’exécution budgétaire et des arriérés. Il préconise également que les appels d’offres concurrentiels deviennent la règle de droit pour tout financement, ainsi que la coordination des émissions entre le Trésor et la Banque du Ghana afin de consolider la courbe de rendement domestique.
Parmi les mesures institutionnelles, il recommande un renforcement du contrôle parlementaire et de la Cour des comptes, la correction des incohérences du classeur de dette, la publication d’un cadre de gestion des passifs avant tout échange ou rachat d’obligations 2027‑2028, la communication mensuelle du fonds de remboursement (Sinking Fund), la transparence totale sur le coût réel des obligations d’infrastructure exonérées d’impôt et la mise à jour des chiffres de la dette des entreprises publiques.
Défis de financement à l’horizon 2027‑2028
Les remboursements prévus de 111 milliards de cedis en 2027‑2028 constituent un point de bascule. Sans un processus de refinancement clairement annoncé et basé sur le marché, le pays risque de dépendre davantage de financements captifs et de voir s’éroder les gains obtenus grâce aux restructurations externes et au programme DDEP. Amin Adam souligne que la preuve la plus solide d’une reprise réside dans un « pont de dette » transparent, des maturités moyennes plus longues, des paiements statutaires fiables, une baisse des arriérés, des prix compétitifs et une réduction de la dépendance aux financements domestiques captifs.
Conséquences attendues pour les investisseurs et la reprise économique
En rendant la dette plus lisible et en institutionnalisant les enchères concurrentielles, le Ghana espère attirer davantage de capitaux privés, stabiliser le coût du financement et créer un environnement propice à la croissance. Une meilleure visibilité des engagements budgétaires et des passifs des entreprises publiques devrait également faciliter le dialogue avec les bailleurs de fonds et les partenaires multilatéraux, renforçant ainsi la crédibilité du pays sur la scène internationale.