Les dirigeants d'entreprises africaines placent l'intelligence artificielle (IA) au cœur de leurs priorités d'investissement, bien que la majorité d'entre eux estime ne pas encore suivre le rythme des évolutions technologiques mondiales. Si 72 % des patrons interrogés par KPMG dans son rapport 2026 considèrent l'IA comme un levier stratégique, seulement 14 % estiment que leurs organisations sont à la hauteur des enjeux de déploiement actuels.
Un décalage entre ambition et maturité opérationnelle
Le rapport souligne une fracture notable entre l'intention et la capacité d'exécution. Contrairement à leurs homologues mondiaux, dont une large majorité se sent en avance sur l'IA, les entreprises africaines doivent encore renforcer leurs infrastructures de données et établir des cadres de gouvernance robustes. Cette réalité se traduit par des horizons d'investissement plus longs : 42 % des dirigeants africains prévoient un retour sur investissement au-delà de trois ans, contre seulement 12 % au niveau mondial.
Transformation des compétences et collaboration homme-machine
Loin de craindre une suppression massive d'emplois, les chefs d'entreprise anticipent une expansion de leurs effectifs. L'enjeu majeur réside dans la requalification des talents. Près de 86 % des dirigeants prévoient de former leurs collaborateurs pour favoriser une collaboration efficace avec l'IA. Toutefois, la pénurie de compétences spécialisées demeure un frein majeur, 59 % des sondés identifiant le déficit de savoir-faire technique comme un obstacle critique à leur transformation numérique.
Résilience face aux incertitudes économiques
Au-delà de la technologie, les entreprises africaines naviguent dans un environnement marqué par la volatilité des prix de l'énergie et des tensions géopolitiques mondiales. La cybersécurité et la résilience des chaînes d'approvisionnement sont citées comme les menaces prioritaires pour la croissance. Malgré ces pressions, l'optimisme reste de mise : 79 % des dirigeants se disent confiants dans les perspectives de croissance de leur propre organisation, misant sur une exécution disciplinée pour transformer leurs ambitions en résultats tangibles.
Vers une intégration durable de la stratégie
Le rapport note une progression dans la capacité des entreprises à répondre aux exigences de reporting en matière de durabilité. Cependant, l'intégration réelle de ces critères au cœur des modèles économiques reste encore limitée. Pour KPMG, la réussite des entreprises africaines dépendra de leur capacité à harmoniser investissements technologiques, développement des talents et gestion rigoureuse des risques opérationnels dans un marché mondial en mutation constante.