Le Nasarawa valide la création d'une police régionale, franchissant une étape clé vers la décentralisation sécuritaire au Nigeria

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 31 lectures
Le Nasarawa valide la création d'une police régionale, franchissant une étape clé vers la décentralisation sécuritaire au Nigeria

L'assemblée législative de l'État de Nasarawa a officiellement voté en faveur du projet d'amendement constitutionnel visant à instaurer des forces de police régionales. Cette décision porte à douze le nombre d'États ayant validé cette réforme majeure, destinée à compléter le dispositif de la police fédérale nigériane face à la montée des défis sécuritaires.

Un cap législatif franchi pour la décentralisation

Lors d'une séance plénière tenue à Lafia, les législateurs du Nasarawa ont adopté à l'unanimité les 26 clauses du projet de loi constitutionnelle de 2026. Cette étape marque une avancée significative dans le processus de décentralisation de la sécurité intérieure. Le texte prévoit une modification profonde des sections 214, 215 et 216 de la Constitution de 1999, tout en introduisant une nouvelle section, la 317A, pour encadrer juridiquement ces futures unités locales.

Le seuil constitutionnel en ligne de mire

Pour que cette réforme devienne effective, elle doit impérativement obtenir l'aval des deux tiers des 36 assemblées législatives d'États que compte le Nigeria, soit 24 entités au total. Avec le ralliement du Nasarawa, qui rejoint notamment les États de Lagos, Rivers, Delta, Plateau et Zamfara, la moitié du chemin est accomplie. Le président de l'assemblée du Nasarawa, Danladi Jatau, a d'ores et déjà ordonné la transmission formelle de cette résolution à l'Assemblée nationale fédérale.

Enjeux sécuritaires et débats sur la gouvernance

La réforme est présentée par ses partisans comme une solution indispensable pour améliorer le renseignement et la réactivité face à des menaces persistantes telles que le banditisme, les enlèvements et les conflits intercommunautaires. En rapprochant les forces de l'ordre des réalités locales, le projet ambitionne de pallier les limites d'une structure policière centralisée.

Toutefois, le débat reste vif. Les critiques soulignent des risques potentiels de dérives autoritaires, craignant que les gouverneurs n'utilisent ces forces comme des outils de pression politique contre leurs opposants. Des interrogations subsistent également sur la viabilité financière, les mécanismes de recrutement et les garanties en matière de droits humains. Parallèlement, un groupe de travail présidentiel a déjà soumis un projet de loi nationale sur la police et des amendements corrélatifs au ministère fédéral de la Justice, témoignant d'une volonté de structurer rigoureusement ce changement de paradigme sécuritaire.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.