La justice kényane a prononcé une peine de 200 ans d'emprisonnement à l'encontre de Paul Mackenzie, leader d'une secte évangélique apocalyptique. Ce verdict fait suite à la découverte macabre, en 2023, de centaines de corps dans la forêt de Shakahola, où le gourou avait contraint ses fidèles à un jeûne mortel pour, selon ses dires, « rencontrer Jésus ».
Une condamnation historique pour le massacre de Shakahola
Le tribunal de Mombasa, sous l'autorité de la juge Diana Kavedza Mochache, a reconnu Paul Mackenzie coupable du meurtre de 191 personnes, incluant 190 enfants et un adulte. La peine a été structurée par un cumul de condamnations : 100 ans pour les victimes décédées par inanition et une peine équivalente pour les huit individus ayant péri par « homicide direct ». Bien que le parquet ait initialement requis la peine de mort, la justice a opté pour une peine de prison ferme, alors que le Kenya n'a plus procédé à aucune exécution depuis 1987.
L'ampleur d'une tragédie humanitaire
L'affaire, qualifiée de « massacre de la forêt de Shakahola », a révélé l'une des dérives sectaires les plus meurtrières de l'histoire récente du pays. En 2023, les autorités avaient découvert des charniers dans l'arrière-pays de Malindi, dans le sud du Kenya. Le nombre de dépouilles retrouvées avait été tel que les infrastructures médico-légales locales, notamment les morgues, avaient été rapidement saturées, forçant les autorités à suspendre temporairement les fouilles pour gérer l'afflux de corps.
Les conséquences d'une emprise sectaire
Le mode opératoire de Paul Mackenzie reposait sur une promesse de paradis conditionnée à une privation totale de nourriture. En exploitant la vulnérabilité de ses adeptes, le gourou a orchestré une tragédie dont le bilan humain, particulièrement lourd chez les mineurs, a profondément marqué la société kényane. Cette décision judiciaire marque une étape importante dans la réponse de l'État face aux dérives sectaires, soulignant la responsabilité pénale des leaders religieux dans les atteintes graves aux libertés et à la vie humaine.