Le 6 novembre 2026 marque le quarante-quatrième anniversaire de l'accession au pouvoir de Paul Biya au Cameroun. Alors que le chef de l'État atteint l'âge de 93 ans, l'absence de nomination à la vice-présidence, fonction pourtant réintroduite par la Constitution il y a sept mois, cristallise les tensions et les interrogations sur la stabilité future du pays.
Un verrou constitutionnel toujours inutilisé
En avril dernier, une réforme constitutionnelle majeure a été adoptée, réintroduisant le poste de vice-président de la République. Ce mécanisme a été conçu pour assurer la continuité de l'État en permettant au titulaire du poste d'achever le mandat présidentiel en cas d'empêchement du chef de l'État. Malgré l'urgence perçue par de nombreux observateurs, le siège demeure vacant sept mois après la promulgation de cette loi, laissant le pays dans une situation d'attente prolongée.
Le pouvoir discrétionnaire face aux luttes d'influence
La nomination du vice-président relève exclusivement de la décision de Paul Biya, qui conserve la pleine maîtrise du calendrier et du choix de la personnalité appelée à occuper cette fonction. Cette prérogative présidentielle intervient dans un contexte marqué par des rivalités internes au sein de l'appareil d'État. Selon des sources proches de la présidence, le chef de l'État est pleinement conscient des batailles de clans qui se jouent autour de sa succession, ce qui pourrait expliquer la lenteur de ses arbitrages.
L'enjeu de la transition pour l'avenir national
Pour les analystes politiques, à l'instar de Stéphane Akoa, la gestion de cette succession constitue désormais le défi majeur de la fin de règne. Alors que le Cameroun doit naviguer entre des impératifs économiques complexes et des enjeux sécuritaires persistants, la désignation d'un successeur constitutionnel est perçue comme un levier indispensable pour garantir la stabilité. L'absence de décision claire alimente un pessimisme politique croissant, alors que l'avenir institutionnel du pays reste suspendu aux prochaines orientations du président.