À l'approche de la 31e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP31) prévue à Antalya en novembre 2026, une inquiétude grandit au sein de la société civile ghanéenne. Des chercheurs, militants et représentants du secteur privé craignent que les autorités ne durcissent les conditions d'accréditation par crainte de nouvelles polémiques sur la taille de la délégation nationale.
Le poids des controverses passées
Les précédentes éditions, notamment la COP26 à Glasgow et la COP28 à Dubaï, ont été marquées par des débats virulents au Ghana concernant le nombre de participants enregistrés sous la bannière nationale. Avec respectivement 337 et 618 personnes inscrites, ces chiffres ont alimenté des critiques sur l'utilisation des fonds publics en période de difficultés économiques. Pourtant, ces données globales masquent une réalité plus nuancée : la grande majorité des inscrits ne bénéficiaient d'aucun financement étatique, leurs frais étant couverts par des institutions indépendantes, des ONG ou leurs propres ressources.
La confusion entre délégation officielle et badge pays
Il est crucial de distinguer les délégués officiels, dont les frais sont pris en charge par le gouvernement, des titulaires de badges « pays » enregistrés via le système de la CCNUCC. À titre d'exemple, lors de la COP28, seuls 95 participants figuraient sur la liste officielle du gouvernement sur les 618 Ghanéens présents. Cette confusion entretenue dans le débat public pénalise les acteurs non étatiques, dont l'expertise est pourtant indispensable pour porter les enjeux nationaux — tels que l'érosion côtière, la déforestation ou la lutte contre l'orpaillage illégal — sur la scène internationale.
Un enjeu d'inclusion diplomatique
La participation à une COP ne se limite pas aux sphères gouvernementales ; elle est un processus multilatéral où la société civile joue un rôle moteur dans le plaidoyer et le suivi des engagements climatiques. En restreignant l'accès aux accréditations pour éviter des critiques politiques, le Ghana risque d'affaiblir sa propre diplomatie climatique. L'enjeu pour les autorités ghanéennes est désormais de trouver un équilibre entre une exigence légitime de transparence budgétaire et la nécessité de garantir une représentation inclusive et diversifiée, capable de défendre les intérêts du pays face aux défis environnementaux globaux.